La réforme des retraites présentée, oppositions et syndicats vent debout

Retraites : 64 ou 65 ans, quel âge de départ Emmanuel Macron défendait-il durant sa campagne ?

par Justine FAURE
Publié le 8 décembre 2022 à 13h46
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Pour sa future réforme des retraites, le gouvernement privilégie un âge légal de départ à 65 ans, comme le proposait Emmanuel Macron lors de sa dernière campagne présidentielle, rappellent ses proches.
Mais 65 ou 64 ans, que défendait vraiment le président-candidat en 2022 ?

Emmanuel Macron souhaite repousser l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans. C'est ce qu'ont assuré les participants à un dîner organisé mercredi 7 décembre au soir autour du chef de l'État sur la future réforme des retraites. "Le président de la République a été clair, il a rappelé son engagement de campagne, à savoir l'âge de départ à la retraite à 65 ans", a confié l'un des convives à TF1 et LCI. Mais le locataire de l'Élysée a-t-il toujours été si clair ? 

Si l'on s'en tient au contenu du projet présidentiel d'Emmanuel Macron en 2022, oui. On peut lire, en dessous de l'objectif "travailler plus longtemps", que le président sortant prône, en plus de la suppression des principaux régimes spéciaux, de la prise en compte de la pénibilité ou encore d'un régime universel plus simple pour les générations futures, "le relèvement progressif de l'âge légal de départ à la retraite à 65 ans"

Une position qui change entre les deux tours de la présidentielle

Mais entre les deux tours, la position du chef de l'État change. Et entretient le flou. Le 11 avril, au lendemain du second tour, Emmanuel Macron se dit prêt à discuter des modalités du report de 62 à 65 ans. Sur l'hypothèse d'un report à 64 ans, il répond qu'il pourrait y "[ouvrir] la porte" pour trouver "un consensus" avec les partenaires sociaux. "Je suis prêt à faire une réforme qui ne va pas jusqu'à 2030 si on sent trop d'angoisse chez les gens", avait-il précisé, sous-entendant qu'elle pourrait s'arrêter à 2028 pour un départ à 64 ans, contre 2031 ou 2032 pour 65 ans, à raison d'une augmentation de cet âge de quatre mois par an. "Si on trouve quelque chose dans la négociation, je ne suis pas un fétichiste", ajoutait-il encore.

Rebelote en octobre dernier lorsque, désormais réélu, Emmanuel Macron se déclare "ouvert" à un report de l'âge légal du départ à la retraite à 64 ans, en contrepartie d'un allongement de la durée de cotisation. "Si certains sont prêts à s'engager et à dire : 'nous, on ne veut pas aller jusqu'à 65 ans, mais en contrepartie, si vous faites ce geste, on est prêts à travailler un peu plus de trimestres' - parce qu'il y a d'autres façons de faire, c'est pas que l'âge légal, c'est travailler un peu plus de trimestres -, moi je suis ouvert", déclare-t-il alors sur France 2.

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En 2017, bien que la réforme des retraites était déjà une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la question de l'âge de départ ne l'occupait pas du tout puisqu'il n'envisageait pas de le modifier. Dans son projet datant de 2017, l'ancien ministre de l'Économie indiquait qu'il ne souhaitait pas toucher à l'âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions. Il plaidait pour un système de retraite universel par répartition et par points impliquant la suppression des régimes spéciaux et donnant les mêmes droits à tous pour chaque euro cotisé. 

En revanche, son Premier ministre d'alors, Edouard Philippe, avait évoqué l'idée d'un âge pivot à 64 ans en dessous duquel pourrait s'appliquer un malus, avant de se rétracter. Mais à cause de la pandémie, la réforme des retraites était tombée à l'eau, et gouvernement et syndicats n'avaient pas eu le temps de mener à terme leurs discussions et négociations sur le sujet.


Justine FAURE

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