Dans un entretien au "JDD" paru samedi soir en ligne, la Première ministre Elisabeth Borne annonce que les personnes ayant commencé à travailler entre 20 et 21 ans pourront partir à la retraite à 63 ans.
Elle répond ainsi à une demande des députés Les Républicains, où l'on parle "d'avancée significative".
Par ailleurs, la Première ministre n'a "pas d’objection" à faire "un bilan d’étape à mi-parcours de la réforme" en 2027.

Samedi 4 février, dans un entretien diffusé en ligne par le Journal du Dimanche, la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé que les personnes ayant commencé à travailler entre 20 et 21 ans pourront partir à la retraite à 63 ans, et non 64 ans. Sur la très contestée réforme des retraites, "nous allons bouger en étendant ce dispositif de carrières longues à ceux qui ont commencé à travailler entre 20 et 21 ans. Ils pourront ainsi partir à 63 ans", a déclaré la cheffe du gouvernement. "Nous entendons" la demande des élus de droite, a-t-elle ajouté, avant le coup d'envoi, lundi, des débats devant l'Assemblée nationale.

Les Républicains, dont les voix sont indispensables pour faire passer cette réforme, plaident depuis plusieurs jours pour éviter que "ceux qui ont commencé à travailler le plus tôt (doivent) cotiser le plus longtemps", selon le président du parti, Eric Ciotti. Un feu vert à leur proposition sur les carrières longues "permettra d’emporter une très large majorité dans le groupe LR", a-t-il assuré au Parisien.

"Notre objectif est d’assurer l’avenir de notre système de retraite par répartition"

"C’est une mesure qui coûtera entre 600 millions et un milliard d’euros par an, et qui concernera jusqu’à 30.000 personnes par an", souligne Mme Borne. Et "comme nous conduisons cette réforme pour assurer l’équilibre du système à horizon 2030, nous devrons trouver des voies de financement".

Actuellement, un début de carrière avant 20 ans peut permettre un départ anticipé de deux ans, et une entrée dans la vie active avant 16 ans peut donner droit à une retraite anticipée de quatre ans. Le projet de réforme prévoit que ce dispositif sera "adapté" : ceux qui ont débuté avant 20 ans pourront partir deux ans plus tôt, soit 62 ans ; ceux qui ont commencé avant 18 ans pourront partir à 60 ans, etc. 

La Première ministre annonce également une concession sur l'index senior, que devront obligatoirement publier certaines entreprises pour attester de l'emploi de personnels plus âgés. Il devrait être  "progressivement étendu aux entreprises de plus de 50 salariés", alors que le projet fixe actuellement le seuil à 300. Elisabeth Borne évoque également des "sanctions financières, jusqu'à 1% de la masse salariale", pour celles qui ne joueraient pas le jeu. 

"Clause de revoyure"

À une autre demande des LR, également portée par le groupe MoDem, la Première ministre n'a "pas d’objection" : il s'agirait de faire "un bilan d’étape à mi-parcours de la réforme", en 2027. Cette année-là, "il y a une élection présidentielle et des élections législatives", ce qui "est déjà une forme de clause de revoyure", note-t-elle. 

"Avancée significative"

"L'annonce d'Elisabeth Borne est une avancée significative sur les carrières longues", a réagi dimanche une députée LR auprès de LCI. "Il restera au gouvernement de préciser ce qu'il en est de la durée maximum de travail de ceux qui commencent à travailler avant 20 ans, d'une politique familiale ambitieuse, de la pénibilité et de la situation des femmes et des seniors", ajoute-t-elle, jugeant toutefois possible de "continuer d'améliorer le texte pour aboutir".

"Je prends le point et on va l'expertiser", a réagi pour sa part Laurent Berger (CFDT), interrogé dimanche sur France Inter à propos de l'évolution du gouvernement sur les 43 années de cotisation. Tout en expliquant que cette seule avancée "n'est clairement pas la réponse à la mobilisation massive" contre la réforme. 

Alors que deux nouvelles journées de mobilisation sont prévues, les 7 et 11 février, Elisabeth Borne dit comprendre que la réforme reculant l'âge légal de départ de 62 à 64 ans "suscite des réactions, des réticences et des inquiétudes". "Mais notre objectif est d’assurer l’avenir de notre système de retraite par répartition", martèle-t-elle, en disant "regrette(r) que certains, notamment à gauche, entretiennent des malentendus".


M.M

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