À l'image de celle d'Éric Ciotti ce dimanche, plusieurs permanences de parlementaires ont été dégradées ces derniers jours.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, affirme que la protection des élus est sa "priorité".

Le ton monte, et cela se voit. Depuis l'utilisation de l'article 49.3 par la Première ministre Élisabeth Borne pour adopter la réforme des retraites à l'Assemblée nationale, la contestation a grimpé d'un cran. Et vire parfois à la violence, comme sur certaines permanences parlementaires. Le patron des Républicains, Éric Ciotti, favorable à la réforme, en a fait les frais dans la nuit de samedi à dimanche. Son local niçois, situé face au port, a été vandalisé.

D'autres élus sont dans le viseur des opposants au décalage de l'âge de départ à la retraite à 64 ans. Le député Renaissance du Val-de-Marne, Guillaume Gouffier, a ainsi vu sa permanence être taguée ce dimanche à Vincennes, selon les informations du Parisien. Un tag représentant un pendu et les mots "déni de démocratie" ont été écrits sur la devanture du local de l'élu, qui compte déposer plainte. Dans le même département, des stickers ont été apposés sur l'affiche du député Mathieu Lefèvre (Renaissance), au Perreux-sur-Marne, jeudi, quelques heures après l'annonce du 49.3.

Pour l'exécutif, "il faut une protection"

Toujours d'après Le Parisien, la permanence de Dominique Da Silva (Renaissance) a également été recouverte d'affiches dans le Val-d'Oise, samedi. D'autres députés, qui ne veulent pas tous être cités, ont vu leurs locaux tagués, voire dégradés. "Il y a eu des permanences attaquées, il faut une protection", glisse une source au sein de l'exécutif à l'AFP. D'anciens membres du gouvernement sont aussi ciblés. C'est le cas de la députée du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, ex-ministre déléguée à l'Insertion. Ce dimanche, le parquet de Colmar a confirmé avoir ouvert une enquête pour "intimidation envers un élu" après des dégradations repérées sur la permanence de la députée.

Les sénateurs ne sont pas épargnés. Ces derniers jours, le président du groupe LR à la chambre haute, Bruno Retailleau, s'est ainsi vu couper l'électricité de son domicile vendéen par des militants. Face à ces actions, la cheffe des députés de la majorité, Aurore Bergé, a demandé au ministre de l'Intérieur de "mobiliser les services de l'État" pour protéger les élus.

En retour, Gérald Darmanin lui a assuré que "la protection des élus" était "plus que jamais (sa) priorité". "Dès ma prise de fonction, j'ai demandé aux forces de l'ordre et aux préfets de se montrer particulièrement attentifs aux violences dont les élus sont victimes", a-t-il affirmé dans une lettre. Il a également demandé aux préfets de "poursuivre la surveillance mise en place aux abords des permanences des parlementaires et de leur domicile, si nécessaire", et de "maintenir une veille renforcée des réseaux sociaux" pour détecter "toute menace ou tout message haineux éventuel". Une réunion en ce sens a eu lieu vendredi.

En attendant, la prudence est de mise. Y compris pour les membres du gouvernement. "Les déplacements sont possibles, sous réserve, comme d'habitude, de l'avis des préfets, pour ne pas trop solliciter les moyens locaux", fait savoir Matignon. Vendredi, un déplacement en Bretagne du ministre du Travail Olivier Dussopt a tout de même été reporté. Même chose pour Gérald Darmanin, Christophe Béchu et Marc Fesneau, qui étaient attendus en Gironde sur le thème des incendies.


I.N

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