Certains régimes spéciaux pourraient bientôt n'être que de simples souvenirs.
Dans le cadre de la réforme des retraites, le Sénat a voté dans la nuit de samedi à dimanche l'extinction de plusieurs d'entre eux.
Cette mesure ne s'appliquera qu'aux nouveaux embauchés... pour l'instant.

Le Sénat à majorité de droite a voté dans la nuit de samedi à dimanche l'extinction de plusieurs régimes spéciaux, prévue dans l'article premier de la réforme des retraites, seulement pour les futurs embauchés. Le vote a été acquis par 233 voix "pour" et 99 "contre". Il est prévu que les agents recrutés à compter de septembre 2023 soient affiliés au régime de droit commun pour l'assurance vieillesse. Les salariés concernés déjà en poste conservent leurs avantages : il s'agit de la "clause du grand-père".

La gauche remontée contre la mesure

La gauche s'est appropriée la parole toute la journée contre cette première mesure très sensible du projet gouvernemental, qui prévoit l'extinction progressive de cinq régimes spéciaux (industries électriques et gazières, RATP, Banque de France, clercs et employés de notaire, membres du Conseil économique, social et environnemental). "Quand on lit cet article, c'est un petit peu l'auberge espagnole", a raillé la socialiste Marie-Pierre de la Gontrie, pour qui "ce qui intéresse le gouvernement, c'est la RATP et les électriciens et gaziers". Plusieurs sénateurs de gauche ont lancé, en souriant, que la réforme allait "compliquer la tâche de Jean Castex", président de la RATP, en vue des JO de 2024.

La communiste Eliane Assassi a dénoncé "un serpent de mer qui se nourrit des rancœurs et des ressentiments", l'écologiste Guillaume Gontard "un jeu dangereux sur les clivages qu'on essaie de faire monter entre les Français". "Vous allez créer le chaos dans le pays", a affirmé le communiste Pierre Laurent, tandis que le patron des sénateurs socialistes, Patrick Kanner, a accusé le gouvernement de "bordéliser un secteur majeur de notre souveraineté énergétique" (voir vidéo en tête de cet article).

Si cette mesure a été votée, le débat sur le sujet n'est pas clos pour autant. Dans la suite du texte, après le fameux article 7 contenant un report de l'âge légal à 64 ans, se trouve un amendement du patron des sénateurs LR Bruno Retailleau contre la "clause du grand-père". Contrairement au gouvernement, le sénateur vendéen, défait à la présidence des Républicains, souhaite que la suppression progressive des régimes spéciaux s'applique à des salariés déjà en poste. "Mon amendement propose une convergence (entre les régimes, NDLR) jusqu'en 2040, il n'y a rien de brutal alors que pour tous les Français, à partir du 1er septembre, la réforme commencera progressivement à s'appliquer", insiste-t-il.

Mais sa mesure n'est pas soutenue par le gouvernement. Le ministre du Travail Olivier Dussopt a martelé dans l'hémicycle du Sénat son opposition à cet amendement. Faute de soutien des centristes, il pourrait être rejeté.


I.N avec AFP

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