Réforme des retraites : tout savoir sur le groupe Liot, qui pourrait faire tomber Elisabeth Borne

par J.F
Publié le 17 mars 2023 à 12h08, mis à jour le 17 mars 2023 à 12h54

Source : JT 20h Semaine

Le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot) devrait porter la motion de censure transpartisane qui aura le plus de chances de faire tomber le gouvernement, lundi prochain.
Qui compose le petit groupe de 20 députés, aux parcours et sensibilités politiques différentes ?

La menace viendra d'eux. Après l'utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites, les groupes d'opposition espèrent encore faire tomber le gouvernement en votant une motion de censure. Et pour donner le plus de chances possibles à cette dernière d'aboutir, Rassemblement national et Nupes souhaitent qu'elle soit déposée par le groupe centriste Liot, le plus à même de rassembler les voix de l'extrême droite à l'extrême gauche.

Liot est l'acronyme de Libertés, indépendants, outre-mer et territoires. Le groupe est dirigé par le député de la Meuse Bertrand Pancher et comprend 20 membres. Parmi eux figurent des parlementaires parmi les plus anciens du palais Bourbon - ils avaient d'ailleurs comparé il y a quelques mois pour TF1info leur début de mandat chahuté avec les précédents. Aussi, le chef du groupe est député depuis 2007, Jean-Luc Warsmann (Ardennes) est élu depuis 1995, Pierre Morel-à-L'Huissier (Lozère) depuis 2002, Jean-Louis Bricout (Aisne) depuis 2012. 

Mais celui qui bat tous les records, et est en train de devenir l'une des mascotte de l'hémicycle pour son opposition au gouvernement, c'est le député de la Marne Charles de Courson, élu depuis 1993. Il pourrait être le premier signataire de la motion de censure transpartisane qui sera étudiée lundi prochain.

Un groupe créé par un ancien membre de la majorité

Le groupe a été créé en 2018 par Paul Molac, député du Morbihan qui en est toujours membre. Député depuis 2012, d'abord au sein du groupe écologiste puis socialiste, il avait été élu sous les couleurs de La République en marche en 2017. Mais, peu à l'aise dans cette majorité, il avait très vite rêvé de créer un groupe incluant des députés non inscrits de centre gauche. S'il se positionne au centre, le groupe Liot est composé d'anciens membres des Républicains, de l'UDI, d'anciens socialistes et d'autonomistes corses.  

Le groupe qui accueille quatre élus d'outre-mer (Réunion, Mayotte, Guadeloupe) revendique un fort ancrage territorial et un attachement aux territoires et à la défense de leur identité. Il se prononce pour l'autonomie de la Corse et des régions et territoires ultramarins volontaires. Partisan d'une forte décentralisation, il encourage de nouveaux transferts de responsabilités vers les collectivités territoriales.

Une épine dans le pied du gouvernement

La déclaration politique du groupe indique que ses membres souhaitent une République plus écologique, et soutiennent donc les technologies vertes et les énergies renouvelables. Cette semaine, l'un de leurs amendements déposé pour s'opposer au "démantèlement" de l'Institut dédié à la sûreté (IRSN) dans le cadre du projet de loi nucléaire a tenu en échec le gouvernement, puisqu'il a été adopté contre sa volonté.

Si le gouvernement avait souhaité faire du groupe Liot son allié sur les retraites, au même titre que Les Républicains, Bertrand Pancher avait très vite prévenu qu'il ne faudrait pas compter sur lui si l'exécutif ne revenait pas sur sa volonté de repousser à 64 ans l'âge légal de départ. Il est même descendu dans la rue pour manifester contre le projet du gouvernement, qu'il a donc encore les moyens de faire échouer.


J.F

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