La réforme des retraites d'Emmanuel Macron

Réforme des retraites : "Nous allons le faire" avec "du dialogue", assure Stanislas Guerini sur LCI

Maëlane Loaëc
Publié le 3 juin 2022 à 11h17
JT Perso

Source : L'Invité Politique

Invité sur LCI, ce vendredi, le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques a balayé tout report de la réforme des retraites, annoncée pendant la campagne présidentielle.
Les objectifs du texte restent inchangés, mais le gouvernement prend le temps de la concertation avec les syndicats, a-t-il assuré.

Ce fut l'une des propositions-phare de la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron. Il y a quelques jours, la Première ministre Elisabeth Borne affirmait pourtant, dans les colonnes du Journal du Dimanche, que la réforme des retraites, qui propose le report de l'âge de départ à 65 ans, "n'est pas un totem", bien qu'elle reste "indispensable". Mais elle n'a pas disparu du paysage, assure Stanislas Guerini : "non", elle ne sera pas reportée, a répondu, vendredi 3 juin sur LCI, le ministre de la Transformation et de la Fonction publiques. 

"Ce que nous avions promis pendant l'élection présidentielle de 2017, nous l'avons fait, beaucoup plus qu'aucune autre majorité dans le quinquennat précédent", a-t-il assuré dans l'émission l'Interview Politique. "Notre majorité tient ses engagements. Ce qu'Emmanuel Macron a dit dans l'élection 2022, nous allons le faire, notamment, évidemment, pour la réforme des retraites."

Le gouvernement, à qui l'opposition reproche un flottement dans ses positions sur le sujet, est seulement en train de prendre son temps pour discuter les éléments du texte, a cherché à justifier le délégué général d'En Marche. "On s'est parfois précipités à l'Assemblée nationale pour voter des choses qui devenaient effectives trois ou quatre ans plus tard. Nous avons décidé de changer de méthode : une place à la concertation sociale et au dialogue plus importante que ce qu'on a pu faire par le passé", a-t-il avancé. Ce qui ne constitue en rien une reculade à ses yeux : "je pense qu'il est important de créer du consensus, mais ce n'est pas mettre une réforme sous le tapis", a-t-il ajouté. 

Maintien du départ à 65 ans et des pensions "à 1100 euros minimum"

Et si la réforme se fait attendre, c'est que les ministres ont identifié "deux urgences" prioritaires lors de l'élection présidentielle, a poursuivi Stanislas Guerini : le pouvoir d'achat et l'urgence climatique, deux causes pour lesquelles des textes seront votés dès l'été en cas de majorité présidentielle à l'Assemblée. Mais aussi "de grands chantiers", à savoir "le travail, la santé, l'éducation, la démocratie", à ouvrir dès le début du quinquennat, a-t-il cité, tandis qu'Emmanuel Macron s'est rendu mardi à Cherbourg pour évoquer ses propositions pour l'hôpital et à Marseille jeudi pour y visiter une "école du futur".

Malgré un temps de préparation long, les ambitions du texte sur les retraites restent pourtant inchangées, selon le ministre : l'augmentation des pensions "à 1100 euros minimum" mais aussi le report de l'âge légal de départ à la retraite jusqu'à 65 ans, à un rythme de quatre mois supplémentaires par an. "C'est le projet qui sera proposé aux organisations syndicales, discuté, et que nous souhaitons appliquer", a déclaré le ministre. Avant de poursuivre : "À la fin du quinquennat, on aura atteint les 64 ans. La prochaine élection présidentielle vaudra alors clause de revoyure".

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Au passage, Stanislas Guerini a égratigné, au même titre qu'Elisabeth Borne, la proposition de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes), l'union de gauche emmenée par l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, de garantir une retraite à 60 ans à taux plein pour ceux qui ont cumulé 40 annuités de cotisation. "Quelqu'un qui a commencé à travailler à 25 ans et qui partirait à 60 ans, comme on veut nous faire croire, aurait une baisse des pensions de retraite", a-t-il affirmé. 

Avant de conclure que "deux projets" s'opposent dans ce scrutin législatif : celui de la majorité présidentielle "d'allonger l'âge légal pour financer du progrès et pour financer une retraite minimum à 1100 euros", et celui de l'union de gauche, qui entraînerait, selon le ministre, une "baisse des pensions" et représenterait donc à ses yeux "à la fois une impasse financière et de justice sociale".


Maëlane Loaëc

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