Réforme des retraites : "Sur le plan démocratique, il y a un problème", estime Alexis Corbière sur LCI

M.L
Publié le 10 janvier 2023 à 10h52

Source : TF1 Info

Invité de l'Interview Politique sur LCI, le député insoumis Alexis Corbière a rejeté en bloc le projet de réforme des retraites du gouvernement.
Il y voit une "aberration" sur le fond, et juge que l'exécutif ne dispose pas de "majorité politique" pour le passer.
"Monsieur Macron n’a pas été élu pour faire cette réforme", défend-il.

Déjà amorcée ces dernières semaines, la bataille de la réforme des retraites s'ouvre officiellement ce mardi 10 janvier : la Première ministre Elisabeth Borne présentera à 17h30 les contours du texte préparé par le gouvernement. Il pourrait inclure le relèvement de l'âge légal de départ à 64 ans au lieu de 62, progressivement à partir de l'automne 2023, ainsi qu'une accélération de l'allongement de la durée de cotisation. "Il n’y a pas de légitimité, ce n’est pas de démocratique", tonne sur LCI le député insoumis de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière, qui affirme que la gauche est prête à faire front uni contre le projet. 

"Je considère qu'il n'y a pas de majorité, que c'est anti-démocratique, que rien ne le justifie sur le plan économique, et qu'il est temps de le dire dans la rue", a résumé l'élu, invité de l'Interview Politique. "Sur le plan démocratique, il y a un problème : j’affirme que Monsieur Macron n’a pas été élu pour faire cette réforme", a-t-il insisté. Il a ainsi renvoyé aux mots du chef de l'État le soir de sa réélection, en avril dernier : "Nombre de nos compatriotes ont voté pour moi non pour soutenir les idées que je porte mais pour faire barrage à celles de l’extrême droite". "Il n'a pas de majorité politique", en a déduit Alexis Corbière.

L'option du 49.3, un "déni démocratique"

Alors que les Républicains pourraient soutenir le texte de l'exécutif, le vice-président du groupe parlementaire LFI a aussi assuré qu'il n'est "pas démocratique de faire une alliance avec un parti dont la candidate a fait 5% à la présidentielle", en référence au revers essuyé par Valérie Pécresse en avril dernier. "Toutes les études d’opinion le montrent à ce stade : il n’y a pas de majorité là-dessus", a-t-il ajouté. 

Par ailleurs, le député insoumis a assuré avoir "entendu Elisabeth Borne dire que la possibilité de sortir un 49.3 est toujours sur la table", un choix qui serait à ses yeux un "déni démocratique". "Il faut que le Parlement soit respecté", a-t-il insisté, demandant à "abolir" cette option d'un passage en force du gouvernement. "Je suis pour abolir cette monarchie présidentielle et avoir un régime plus parlementaire. On ne peut pas brutaliser le peuple, ce n’est pas démocratique", a-t-il argué.

Quant au fond de la réforme, l'élu d'extrême gauche y voit une "aberration". "Rien ne le justifie, le système des retraites n’est pas en danger", a-t-il assuré : selon lui, le conseil d’orientation des retraites (COR), un centre d'études au service du Premier ministre, prévoit un "déficit jusqu'en 2032", puis "il y aura une légère augmentation" de la part du PIB consacré aux retraites, qui monte à "13,8%" aujourd'hui, et ensuite "cela peut même rebaisser pour que 2070, on sera en dessous"

Quant aux adaptations promises par le gouvernement, dont par exemple la prise en compte de la pénibilité dans son texte, l'élu s'est montré sceptique : "au cours de la précédente mandature, sur les dix critères de pénibilité (en vigueur), le gouvernement actuel en a supprimé quatre", a-t-il rappelé. Sur le volet d'une retraite à 1200 euros, sur lequel l'exécutif semble prêt à s'accorder, "si c’est le cas, c’est bien, on peut le faire - il faut voir dans quelles conditions -, mais sans demander à des millions de salariés de travailler plus longtemps", a jugé Alexis Corbière, estimant que le gouvernement espère "faire des économies sur le dos" des salariés.

Pour lui faire face, "la Nupes est unie, il n’y a pas un papier à cigarette entre les uns et les autres", a assuré l'Insoumis. Quant aux syndicats, "je les invite à nous donner des dates et un calendrier de mobilisation sociale", a-t-il ajouté. 


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