La séance sur les retraites à l’Assemblée s’est conclue en fin de semaine sans que l’article 7 soit examiné.
Une stratégie assumée par les Insoumis qui n’ont pas retiré les milliers d’amendements obstruant les débats, contrairement aux autres membres de la Nupes.
Un choix, porté notamment par le leader insoumis, et qui n'a pas manqué d'être critiqué.

Après l’échec des débats à l’Assemblée, la gauche cherche des responsables. Et pour certains, les Insoumis et leur chef de file, Jean-Luc Mélenchon, sont tout désignés. Depuis que les débats autour du projet de réforme des retraites se sont conclus à l’Assemblée nationale vendredi 17 février sans que l’article 7 soit examiné, une partie de la gauche a effectivement dénoncé la stratégie d’obstruction parlementaire appliquée jusqu’au bout par les députés insoumis. 

Un "raté stratégique de LFI"

Peu avant la fin des débats, les communistes, les socialistes et les écologistes avaient annoncé retirer des milliers d’amendements afin de faire avancer les débats et permettre un vote concernant l’article symbolique instaurant le recul de l’âge de départ à la retraite. Un revirement notamment demandé par le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, mais que n’avait pas suivi les députés insoumis. 

Les écologistes avaient alors dénoncé un "raté stratégique de LFI". "On aurait voulu avoir ce débat-là" sur les 64 ans, "ça aurait mis le gouvernement en très grande difficulté, on sentait les inquiétudes des parlementaires et du gouvernement", a notamment souligné auprès de l’AFP la présidente du groupe écologiste Cyrielle Chatelain. De même, le secrétaire national du Parti communiste Fabien Roussel a regretté sur France 3, ce 19 février, le "pas de côté" des Insoumis dans la conduite des débats au Palais-Bourbon, appelant à un jeu davantage collectif.

L'action de la France insoumise a également été vertement critiquée par l'ancien président François Hollande, opposé à la réforme, mais aussi contempteur de l'actuelle alliance de gauche. "La France insoumise n’a même pas entendu les organisations syndicales" a jugé François Hollande durant le Grand Jury diffusé sur LCI, estimant que "l’obstruction venue de LFI a été finalement une bouée de sauvetage pour le gouvernement". "Le cœur de la réforme, c'était 64 ans et le fait qu'il n'y ait pas eu un seul débat et pas de vote pose un problème", a encore regretté le leader de la CGT, Philippe Martinez sur BFMTV ce dimanche 19 février.

Mélenchon, absent de l'Assemblée mais toujours influent

Au-delà du choix de la France insoumise, c’est la place de son leader, Jean-Luc Mélenchon, qui interroge. Alors que lui-même n’est plus à l’Assemblée, il avait critiqué le retrait communiste des amendements, le qualifiant d'"incompréhensible". "Pourquoi se précipiter à l’article 7 ? Le reste de la loi ne compte pas ? Hâte de se faire battre ?", avait tancé Jean-Luc Mélenchon sur le réseau social Twitter.

Son interpellation avait alors montré au grand jour les divergences stratégiques au sein de la Nupes, tout en mettant la pression sur son propre groupe, divisé sur la question. Dans un vote interne, la décision de maintenir les amendements, empêchant un vote sur la question des 64 ans, s'était jouée à une voix près. Pour François Hollande, Jean-Luc Mélenchon, cible principale de ses critiques, a été "dans une stratégie de ne pas faire voter le texte, pour faire durer le mouvement".

Interrogé par BFMTV, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a par ailleurs dénoncé l’ingérence du chef des Insoumis dans l’action des syndicats. "Il ne favorise pas la clarté des débats et des positions, et cela perturbe un certain nombre de salariés qui se demandent pourquoi", a déploré le patron de la CGT, affirmant qu'entre Jean-Luc Mélenchon "et le mouvement syndical, ça ne se passe pas très bien".

Dans la foulée de la sortie acide de Philippe Martinez, Jean-Luc Mélenchon a appelé dans un tweet à oublier "ces propos diviseurs". "Merci aux députés qui ont bloqué l'adoption de la retraite à 64 ans. Pour réussir le 7 mars, il faut être unitaires ! Élargir le front de l'engagement et pas le rabougrir", a-t-il exhorté.


Aurélie LOEK

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