Marlène Schiappa ne figure pas dans la liste du gouvernement Borne III dévoilée ce jeudi.
La secrétaire d'État chargé de l'Économie sociale et solidaire et de la Vie associative a été fragilisée par sa gestion critiquée du fonds Marianne et par ses coups de com' à répétition.
En dépit d'une absence de deux mois entre mai et juillet 2022, elle faisait partie du gouvernement depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017.

L'étoile montante du premier quinquennat ne brille plus. L'"ajustement" gouvernemental annoncé ce jeudi a permis à Elisabeth Borne et Emmanuel Macron de débarquer Marlène Schiappa, récemment épinglée pour sa gestion du fonds Marianne. Revenue par la petite porte au sein de l'exécutif en juillet dernier, l'ex-militante féministe a fini par se brûler les ailes.

Sa lumière avait commencé à pâlir à l'été 2020, lorsqu'elle avait quitté le ministère de l'égalité femmes-hommes pour devenir ministre déléguée à la Citoyenneté sous la tutelle du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. Elle s'y occupait des questions d'asile et d'intégration des étrangers. À ce poste, où elle était moins animée et moins visible qu'à la promotion de l'égalité des sexes, Marlène Schiappa continuait d'investir réseaux sociaux et plateaux de télévision pour défendre avec ardeur l'action gouvernementale. Quitte à susciter la polémique, par exemple par son empressement à se rendre chez Cyril Hanouna, ou par la publication d'une vidéo vantant les mérites d'un lissage brésilien sur son compte Instagram. Petit à petit, son image s'est émoussée. À tel point qu'en mai 2022, elle ne faisait pas partie du casting du premier gouvernement d'Elisabeth Borne. 

Playboy et le fonds Marianne, deux gros cailloux dans sa chaussure

L'ex-adjointe au maire du Mans a dû attendre juillet et un remaniement opéré notamment pour exfiltrer le ministre des Solidarités Damien Abad, accusé de viol, pour que les deux têtes de l'exécutif se résolvent à faire de nouveau appel à elle, au secrétariat d'État chargé de l'Économie sociale et solidaire et de la Vie associative. Mais toujours aussi prompte aux coups d'éclats et aux coups de communication, elle a lassé et parfois gêné l'action gouvernementale. 

L'exemple le plus probant et le plus récent est son interview controversée au magazine de charme Playboy. Début avril, elle en faisait la Une, vêtue d'une robe blanche, et y défendait le droit des femmes à faire "exactement ce qu'elles veulent". Une initiative que la Première ministre avait qualifié de "pas du tout appropriée", le chef de l'État parlant d'"erreurs de communication". Sa successeure à l'égalité femmes-hommes, Isabelle Rome, avait constaté que Playboy était le "condensé de tous les stéréotypes sexistes" et estimé que "quand on est ministre, on doit avoir le sens des responsabilités".

C'est quelqu'un qui a beaucoup de personnalité, qui souhaite s'investir
Elisabeth Borne

Depuis, l'affaire du fonds Marianne est venue parachever ce qui paraissait déjà inéluctable. La commission d'enquête du Sénat consacrée à ce dossier a dénoncé le 6 juillet dans ses conclusions la gestion du fonds créé par Marlène Schiappa après l'assassinat de Samuel Paty, déplorant "manque de rigueur", "opacité" et "désinvolture". Son rapporteur avait également déploré que lors de sa longue audition la ministre se soit "largement défaussée sur (son) cabinet" et qu'elle ait eu "beaucoup de pertes de mémoire"

Un mois plus tôt, avant les conclusions de la commission d'enquête, la Première ministre Elisabeth Borne disait cela de sa ministre : "elle est très engagée, elle l'a été aussi dans le précédent quinquennat", "c'est quelqu'un qui a beaucoup de personnalité, qui souhaite s'investir" et "je ne pense pas que ce soit nécessaire" qu'elle quitte le gouvernement au regard de cette affaire. Il semblerait qu'elle ait changé d'avis.


Justine FAURE

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