Le gouvernement Borne II

Remaniement : à peine nommés au gouvernement, ils sont déjà contestés

Justine Faure
Publié le 4 juillet 2022 à 18h15
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Parmi les nouveaux ministres nommés ce 4 juillet dans le gouvernement Borne II, plusieurs sont déjà critiqués.
C'est le cas du ministre de la Santé François Braun et du ministre de la Transition écologique Christophe Béchu.
Au premier, il est reproché son manque d'engagement écologique ; au second, sa vision des urgences.

Une fois nommés, les nouveaux ministres font plus ou moins l'unanimité. Deux des nouveaux membres du gouvernement Borne II sont particulièrement critiqués par les professionnels de leur secteur, depuis leur nomination ce 4 juillet. Il s'agit de l'ex-LR Christophe Béchu, maire d'Angers, ministre de la Transition écologique ; et de François Braun, président de Samu-Urgences France, ministre de la Santé.

Le premier est attaqué pour son manque de sensibilité écologique, et son absence de prises de position à ce sujet. "Sixième ministre en charge de l'écologie en cinq ans, le choix de Christophe Béchu est symptomatique de l’absence de vision du gouvernement sur les enjeux environnementaux", a indiqué dans un communiqué Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France. Christophe Béchu "n’a jamais travaillé ni de près ni de loin sur un dossier environnemental", a tancé sur Twitter Sandy Olivar Calvo, porte-parole du mouvement écologiste Alternatiba.

Côté politique, Sandrine Rousseau (EELV) s'est étonnée de "n'avoir jamais croisé (...) sur la moindre lutte écologiste" le nouveau ministre de la Transition écologique. Beaucoup mettent également en exergue son vote en tant que sénateur contre l'interdiction des néonicotinoïdes et une tribune dans Valeurs actuelles contre le mariage homosexuel.

En revanche, l'ancien proche de Nicolas Hulot et ex-tête de liste du bloc de gauche aux régionales dans les Pays de la Loire Matthieu Orphelin a estimé que le maire d'Angers était "sensible aux thèmes de l'écologie, de la biodiversité, du logement et des transports et il mesure tout le retard pris. Maintenant, il va devoir aller gagner les arbitrages"

La nomination de François Braun, "une provocation"

François Braun ne fait pas l'unanimité non plus parmi ses pairs. "Pour nous, cette nomination est une véritable provocation", a réagi Christophe Prudhomme, urgentiste et porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF) auprès de franceinfo. Selon lui, "les propositions qui sont faites par François Braun" dans le cadre de la "mission flash" sur les urgences "sont catastrophiques. C'est une rupture du service public. Il explique qu'on peut fermer les urgences la nuit. Monsieur Braun ne représente pas les urgentistes."

Si Patrick Pelloux, président de l'Association des médecins urgentistes de France, a adressé sur Twitter "tous [s]es vœux de succès au ministre François Braun qui est compétent et doit réussir à remplir cette charge de notre République", il s'est montré plus critique dans la presse. Sur BFMTV, il a espéré que François Braun serait "ministre de la République, ministre de tout le monde", regrettant de ne pas avoir été concerté pour la "mission flash". Patrick Pelloux est en désaccord sur plusieurs conclusions du rapport du ministre, notamment le tri des patients avant leur accès aux urgences, qu'il estime être une rupture du service public. 

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La France insoumise s'est également désolée du maintien de Gérald Darmanin à l'Intérieur, qui voit son portefeuille élargi à l'Outre-mer. Le communiste Fabien Roussel a également regretté que Laurence Boone, chargée de l'Europe, soit une "ancienne dirigeante de Kering, grand spécialiste de l'optimisation fiscale. Hallucinant quand on sait que la lutte contre les paradis fiscaux est un des grands défis de l'Union européenne"


Justine Faure

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