Macron II : les premiers jours du gouvernement Borne

"Trahison", "on prend les mêmes et on recommence..." : l'opposition vent debout contre le nouveau gouvernement

M.G
Publié le 20 mai 2022 à 19h23
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Source : TF1 Info

Le secrétaire général de l'Élysée, Alexis Kohler, a dévoilé vendredi le nom des ministres qui vont composer le nouveau gouvernement.
Les leaders de l'opposition n'ont pas tardé à marquer leurs désaccords.

La fin d'un long suspense. Quatre jours après la nomination d'Elisabeth Borne à Matignon, l'exécutif a dévoilé vendredi la composition du nouveau gouvernement. Si plusieurs ténors de la majorité conservent leur portefeuille - Gérald Darmanin à l'Intérieur, Eric Dupond-Moretti à la Justice, Bruno Le Maire à l'Économie -, quelques nouvelles têtes font leur apparition. 

Parmi ces dernières, Pap Ndiaye à l'Éducation Nationale, Rima Abdul Malak à la Culture ou encore Catherine Colonna aux Affaires étrangères. 

Pap Ndiaye dans le viseur de l'extrême droite

Ce remaniement n'a pas manqué de s'attirer les foudres des ténors de l'opposition à Emmanuel Macron. À l'extrême droite de l'échiquier politique, le nouveau ministre de l'Éducation Nationale a essuyé les critiques les plus acides. "La nomination de Pap Ndiaye, indigéniste assumé [...] est la dernière pierre de la déconstruction de notre pays, de ses valeurs et de son avenir", fustige Marine Le Pen (RN). Même son de cloche du côté d'Eric Zemmour (Reconquête) : "Emmanuel Macron avait dit qu’il fallait déconstruire l’Histoire de France. Pap Ndiaye va s’en charger"

Chef de file de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan a souligné qu'"il faut que tout change pour que rien ne change" "Hormis quelques nominations médiatiques, peu de nouveauté dans le nouveau gouvernement d’Emmanuel Macron, surtout du recyclage", lance-t-il. "Le Président du groupe LR à l’Assemblée Nationale, Damien Abad nommé ministre de Macron aux Solidarités. Pourquoi pas à la fidélité ? Les électeurs de LR apprécierons", raille-t-il encore. 

Un axe d'attaque également retenu par Eric Ciotti, battu aux primaires LR en amont de la Présidentielle. "Une trahison mise à part (celle de Damian Abad, ex-LR, Ndlr), on prend les mêmes et on recommence", dénonce le député des Alpes-Maritimes. 

On prend les mêmes et on recommence

Fabien Roussel

À gauche non plus, la pilule ne passe pas. Une large partie des têtes d'affiche de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) se sont élevées contre la nouvelle composition du gouvernement. "Emmanuel Macron a eu raison de nous faire attendre si longtemps, ça valait vraiment la peine… on attend maintenant le projet… Si possible avant le 12 juin", persifle Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste. 

"On prend les mêmes et on recommence ! 4 semaines pour un jeu de chaises musicales", abonde Fabien Roussel, patron du Parti Communiste. "Bruno Le Maire est désormais chargé de la souveraineté industrielle. Derrière les jolis mots, que fera-t-il pour sauver Vallourec à Saint-Saulve qui doit être délocalisé au Brésil et en Chine ?", se questionne-t-il encore. 

Pas assez de changements ?

"Darmanin pour continuer de (ne pas) lutter contre les violences sexistes et sexuelles, Le Maire reconduit pour mener une économie toujours plus libérale, un chasseur à l’agriculture, et une Première ministre qui a cassé l’assurance chômage et la SNCF. Rien de neuf en Macronie", se désole, de son côté, l'écologiste Eric Piolle, maire de Grenoble. "Donc rien ne change, à part Pap Ndiaye. Et surtout pas l’Intérieur et la Justice", surenchérit Sandrine Rousseau, battue à la primaire écologiste précédant l'élection présidentielle. 

Enfin, Jean-Luc Mélenchon n'a pas été beaucoup plus tendre. "On retrouve dans le nouveau gouvernement les principales figures de la maltraitance sociale et de l'irresponsabilité écologique", s'élève-t-il. "Ça sera donc le pire, c'est-à-dire la continuité", grince-t-il. 

Jean-Luc Mélenchon réagit au nouveau gouvernementSource : TF1 Info
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"En toute hypothèse, cette équipe n'est là que pour un mois puisque les élections législatives renouvelleront la majorité à l'Assemblée Nationale. Dans ces conditions, on peut imaginer que ces gens ne font que passer", espère encore celui qui se voit, dans plusieurs semaines, Premier ministre. 


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