Le Parti socialiste se déchire autour de l'élection de son nouveau Premier secrétaire.
Nicolas Mayer-Rossignol et Olivier Faure ont tous deux revendiqué la victoire, vendredi 20 janvier, avant que le PS n'annonce la victoire du sortant d'une courte tête.
Les deux camps s'accusaient mutuellement d'irrégularités dans les votes.

Le PS pique sa crise. Le duel pour décrocher le poste de Premier secrétaire entre le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol et le sortant Olivier Faure tourne au pugilat. Avant même la fin du dépouillement, les deux candidats ont revendiqué tous deux la victoire, vendredi 20 janvier. Le parti à la rose a donné le député de Seine-et-Marne vainqueur d'une courte tête (50,83% contre 49,17% pour son rival), au terme d'une nuit mouvementée, où les deux camps se sont accusés mutuellement de nombreuses "irrégularités" dans les votes (surveillants de scrutin non autorisés à entrer dans les bureaux de vote, bourrage d'urnes...).

Vers 1h30 du matin, Nicolas Mayer-Rossignol avait annoncé sa victoire à la presse, suivi juste après par Olivier Faure sur YouTube. "Nous avons remporté ce résultat à hauteur de 53,47% des voix sur 90% des dépouillés", avait affirmé l'élu normand, ajoutant que l'écart avec son concurrent n'était "plus rattrapable". Les militants "ont exprimé, par un vote clair, leur volonté de poursuivre le rassemblement de la gauche et des écologistes en me renouvelant leur confiance", avait assuré pour sa part le député socialiste de Seine-et-Marne. Dans ce contexte incertain, les deux camps avaient déjà annoncé des recours et demandes d'annulations de vote dans des sections. Ce qui a donné lieu à une situation saugrenue. 

Irrégularités et bourrage d'urnes

Selon la numéro 2 du PS, Corinne Narassiguin, Olivier Faure arrivait légèrement en tête du vote, autour de 52%, selon les premières tendances portant sur "plus de 50% des Fédérations représentant plus de 50% des votants". Ce sont "les seuls chiffres réels qui peuvent être compilés", avait assuré le mandataire du candidat sortant, Pierre Jouvet, dénonçant une "déstabilisation inadmissible" de la part du camp adverse, et "des méthodes qu'on a trop vues outre-Atlantique", dans une allusion à la défaite jamais reconnue de Donald Trump en 2020. "Olivier Faure a remporté le scrutin avec certitude", avait-il insisté. 

À l'inverse, Nicolas Mayer-Rossignol affirmait que même si quelques Fédérations plus favorables à Olivier Faure n'étaient pas encore dépouillées, il obtiendrait dans le pire des cas 50,5% des voix. Le maire de Rouen demandait par ailleurs "l'annulation d'un certain nombre de résultats", en raison de contentieux, notamment dans la section de Liévin (environ 300 voix).

Le vainqueur doit être officiellement intronisé lors d'un congrès dans une semaine à Marseille. Le résultat pourrait avoir des conséquences sur l'accord Nupes, conclu en mai 2022 avec LFI, EELV et le PCF, pour les élections législatives.


La rédaction de TF1

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