Le candidat insoumis, arrivée troisième du scrutin, a appelé à ne donner aucune voix à Marine Le Pen, sans pour autant inciter à voter pour Emmanuel Macron.
Selon notre sondage Ifop-Fudical, ses votants choisiraient surtout le vote blanc ou l'abstention.

Il a manqué de peu la marche du second tour : avec 21,95% des voix, l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon s'est hissé au rang de troisième homme du scrutin, juste derrière Marine Le Pen et ses 23,41%. Ses électeurs devront désormais choisir entre la candidate du Rassemblement national et le président sortant Emmanuel Macron, qui a remporté le premier tour avec 27,6 % des voix, ou encore voter blanc ou s'abstenir. À deux semaines du second tour, comment s'annonce ce choix ? 

Selon un sondage Ifop-Fiducal pour LCI, réalisé le soir du premier scrutin (dont tous les résultats sont à retrouver ici), plus d'un électeur sur trois de la France insoumise se rangerait à Emmanuel Macron (33%), mais près d'un sur quatre lui préférerait Marine Le Pen (23%). La majorité des votants choisiraient de... ne pas choisir : 44% d'entre eux ont déclaré qu'ils voteraient blanc, nul ou s'abstiendraient. 

C'est plus que du côté des électeurs du deuxième candidat de gauche le mieux placé, bien que bien loin derrière le candidat insoumis : l'écologiste Yannick Jadot, qui a remporté 4,58% des suffrages. Parmi ses votants, 38% préféreraient le vote blanc ou l'abstention, tandis que 56% d'entre eux donneraient leur voix à Emmanuel Macron et 6% à Marine Le Pen. 

"Pas une seule voix à Madame Le Pen", mais pas de consigne de vote

Autre indicateur : parmi les 51% de suffrages que remporterait le président-candidat au second tour selon ce sondage, les électeurs de gauche seraient en moyenne 71% à lui donner leur bulletin, mais 44% seulement pour les votants proches de la France Insoumise contre plus de 80% pour ceux proches du PS ou d'EELV. Du côté de Marine Le Pen, qui obtiendrait 49% des suffrages, 29% des votants proches de la gauche lui accorderaient leur voix, dont 56% pour les électeurs proches de la France Insoumise, contre moins de 20% pour les deux autres partis.  

Le candidat des Verts, tout comme la socialiste Anne Hidalgo et le communiste Fabien Roussel, ont appelé à faire barrage à l'extrême droite en votant pour le candidat sortant. De son côté, le leader insoumis n'a pas donné de consigne de vote précise, mais a martelé dimanche soir auprès de ses soutiens qu'"il ne faut pas donner une seule voix à Madame Le Pen", les mettant en garde contre "des erreurs qui seraient définitivement irréparables". En 2017, il avait de même seulement appelé à ne donner "aucune voix" pour le Front national (devenu peu après le Rassemblement national), sans inciter à voter pour le candidat marcheur.  

Ce lundi, le député LFI du Nord Adrien Quatennens a affirmé également que "le vote d'extrême droite n'est en aucun cas une option", mais que "pour le reste, la responsabilité totale de ce qui va se passer au second tour incombe au principal protagoniste, Emmanuel Macron". "Pas une voix pour l'extrême droite", a aussi martelé sur TF1 dimanche Clémentine Autain, députée insoumise de Seine-Saint-Denis, critiquant "un duel infernal". Inquiète face à la menace que représenterait selon elle l'extrême droite, elle a toutefois poursuivi : "Le sujet, c'est : 'Que s'est-il passé pour que tant de gens disent qu'ils ne mettront pas un bulletin Emmanuel Macron ?'. Ce qui a été fait toutes les précédentes élections"

La base électorale insoumise sera consultée

Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs confirmé que sa base électorale de 310.000 parrains donnerait son "point de vue" sur ce second tour, comme il l'avait annoncé quelques jours avant le scrutin. Lors de la précédente élection en 2017, à laquelle il était arrivé quatrième avec 19,58% des voix, le parti avait également consulté un peu plus de 240.000 militants pour connaître la marche à suivre pour un duel qui opposait déjà Emmanuel Macron à Marine Le Pen. 

Le vote blanc, avec environ 36%, et l'abstention, avec quelque 29%, arrivaient en tête. Le candidat d'En Marche n'avait la faveur que de 35% environ des soutiens. Le choix du parti de Marine Le Pen n'avait pas été proposé. "Le vote d'extrême droite ne sera pas une option" non plus dans la consultation cette année, a indiqué Adrien Quatennens.


Maëlane LOAËC

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