Élections législatives : le camp présidentiel perd sa majorité absolue, poussée historique du RN

Après le revers des législatives, Macron aura du mal à trouver une majorité absolue à l'Assemblée

Justine Faure
Publié le 20 juin 2022 à 0h04, mis à jour le 20 juin 2022 à 11h14
JT Perso

Source : TF1 Info

Emmanuel Macron a échoué à faire élire assez de députés pour bénéficier de la majorité absolue à l'Assemblée nationale.
S'il veut gouverner confortablement, il devra trouver des alliés dans les parlementaires de l'opposition, notamment chez Les Républicains.
Mais les principaux concernés ont déjà exprimé leur refus à aider le chef de l'État.

"Il faudra faire preuve de beaucoup d'imagination" pour gouverner, a prévenu le ministre de l'Économie Bruno Le Maire. La question qui se pose ce dimanche à l'issue du second tour des élections législatives, c'est la suivante : Emmanuel Macron trouvera-t-il les alliés nécessaires pour gouverner ? Le camp présidentiel a obtenu 245 sièges de députés à l'Assemblée nationale, loin des 289 nécessaires pour s'assurer une majorité absolue synonyme de tranquillité pour faire voter ses lois. S'il veut y parvenir sans voir l'opposition s'unir pour entraver son action, le chef de l'État devra trouver des alliés. Mais la tache s'annonce compliquée, et les réserves de parlementaires susceptibles de l'aider faibles. 

"Construire une majorité d'action"

En tant que "force centrale dans cette nouvelle Assemblée", "nous travaillerons dès demain à construire une majorité d'action, il n'y pas d'alternative à ce rassemblement pour garantir à notre pays la stabilité et continuer les réformes nécessaires", a déclaré la Première ministre Elisabeth Borne ce dimanche soir, après une réunion de 3 heures à l'Élysée. "Les sensibilités multiples devront être associées et les bons compromis bâtis afin d'agir au service de la France. Les Français nous appellent à nous rassembler pour le pays", a-t-elle ajouté. "La détermination qui reste celle du président de la République et du gouvernement est de continuer à agir pour l'intérêt des Français, avoir des moyens d'actions pour mener les réformes", a confié un membre de l'exécutif à TF1 et LCI. 

Les socialistes et les Républicains dans le viseur

Mais vers qui se tourner pour s'assurer une majorité solide ? "On composera avec tous ceux qui veulent faire avancer le pays", a commenté la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire. Mais les options ne sont pas nombreuses. Les seuls élus divers gauche, divers centre et divers droite, même avec l'appui de parlementaires UDI, ne pourraient permettre d'atteindre le seuil des 289. En éliminant les "extrêmes" - LFI, PCF, EELV et RN - seules deux forces politiques plus "modérées" apparaissent en mesure d'aider La République en marche et ses alliés Horizons et Modem : les socialistes et les Républicains. 

Pour que des élus socialistes participent à cette majorité, il faudrait que la Nupes, alliance de gauche réunissant LFI, EELV, PS et PCF, explose prématurément. Ce n'est pas un scénario probable dans un futur proche. Le plus probable est que le camp présidentiel se tourne vers Les Républicains, qui a fait élire 61 parlementaires. Mais là encore, ils seront durs à convaincre.

La ligne officielle du parti est de ne pas céder à ces futurs appels du pied, le président Christian Jacob l'a rappelé ce dimanche soir après l'annonce des résultats. "Nous avons fait campagne dans l’opposition, nous sommes dans l’opposition et nous resterons dans l’opposition. Les choses sont très claires, ce sera comme nous l’avons toujours fait une opposition constructive, mais une vraie opposition à Emmanuel Macron", a-t-il déclaré. Mais la digue pourrait rapidement craquer, et certains membres du groupe LR accepter, selon les textes discutés, d'aider la majorité présidentielle. 

Ce qui est certain, c'est que "pour Macron, ce quinquennat sera un quinquennat de négociations, de compromis parlementaires. Ce n’est plus Jupiter qui gouvernera mais un président aux prises avec une absence de majorité à l’Assemblée", a expliqué auprès de l'AFP Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Le président va "perdre de son autorité", "se retrouver en retrait dans la définition des politiques publiques". Et le Parlement retrouver un rôle prépondérant.


Justine Faure

Tout
TF1 Info