Élections législatives : le camp présidentiel perd sa majorité absolue, poussée historique du RN

Législatives : Les Républicains au centre du jeu

Justine Faure
Publié le 19 juin 2022 à 22h19, mis à jour le 20 juin 2022 à 11h16
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Source : TF1 Info

Emmanuel Macron ne bénéficiera pas de la majorité absolue à l'Assemblée nationale, l'obligeant à trouver des alliés parmi les députés de l'opposition.
Il devrait donc se tourner vers Les Républicains, qui sont appelés à jouer les arbitres au sein de l'hémicycle.
Si certains de ses membres appellent à un "pacte" pour gouverner avec le chef de l'État, Christian Jacob a rappelé avec fermeté que son parti jouerait son rôle dans "l'opposition".

"Les LR ont obtenu de très bons résultats ce second tour", s'est félicité le patron du parti Christian Jacob. Pourtant à l'issue des élections législatives, les Républicains ont perdu leur statut de premier groupe d'opposition à l'Assemblée nationale. Ils n'ont fait élire que 61 députés, alors qu'ils étaient 100 à la fin de la précédente législature. 

Malgré tout, plus que jamais leur rôle sera crucial, puisque c'est vers eux que se tournera le camp d'Emmanuel Macron pour conforter sa majorité relative et être sûr de faire passer ses réformes.

Le président de la République n'ayant pas réussi à faire élire assez de parlementaires pour s'assurer la majorité absolue, il devra trouver des alliés dans les groupes d'opposition s'il veut être sûr de faire passer les textes et les réformes qu'il souhaite sans que ses adversaires ne s'unissent pour les bloquer. Et c'est sur sa droite que le chef de l'État a le plus de chances de trouver de l'aide.  "On a toujours eu la main tendue. Que ce soit LR ou les socialistes modérés, on a réussi à embarquer un certain nombre d'amendements. Faut-il le faire plus ? Certainement. Est-ce le message de ce soir ? Très certainement", a déclaré sur France 2 la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire.

S’il y a des réformes qui vont dans le bon sens, on vote ; si ça ne va pas, on amende

Rachida Dati sur TF1, le 19 juin

La ligne officielle du parti est de ne pas céder à ces futurs appels du pied, le président Christian Jacob l'a rappelé ce dimanche soir après l'annonce des résultats. "Nous avons fait campagne dans l’opposition, nous sommes dans l’opposition et nous resterons dans l’opposition. Les choses sont très claires, ce sera comme nous l’avons toujours fait une opposition constructive, mais une vraie opposition à Emmanuel Macron", a-t-il déclaré. Il l'avait déjà assuré à l'issue du premier tour.

Sur TF1, la maire du 7e arrondissement de Paris Rachida Dati a assuré que son parti continuerait à agir en responsabilité. "Nous sommes un parti de gouvernement, de responsabilité : s’il y a des réformes qui vont dans le bon sens, on vote ; si ça ne va pas, on amende." "On ne sera pas une opposition bête et méchante mais il n'y a aucune raison qu'on aille sauver la peau d'Emmanuel Macron", a affirmé sur France 2 Aurélien Pradié pour qui "la jeune génération ne revient pas à l'Assemblée pour enfiler des perles".

Des dissensions au sein des Républicains

Mais cette consigne risque de ne pas être suivie par tous les députés du groupe LR. Certains membres dit modérés du parti ont déjà plaidé pour un rapprochement avec la majorité présidentielle. Ce dimanche, le maire de Meaux Jean-François Copé a réitéré son idée du "pacte de gouvernement" entre son parti et Emmanuel Macron "afin de lutter contre la montée des extrêmes". "L'extrême gauche comme l'extrême droite sont des dangers absolus pour la France. Ils incarnent l'un et l'autre violence, tension et sectarisme", a-t-il tweeté.

"Sécurité, dépenses publiques, laïcité, réforme de l’Etat, il appartient aujourd’hui à la droite républicaine de sauver le pays", a poursuivi l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui espère qu'en échange de son aide pour faire adopter des projets de loi de l'exécutif, son camp pourra influer sur les réformes du gouvernement et faire passer certains textes sur des sujets qui lui sont chers. 

Mais l'aile dite dure du parti réfute toute idée de coalition. Ils estiment qu'elle signerait la mort de leur parti, et viendrait parachever le travail de sape engagé par Emmanuel Macron. Dimanche matin encore, le patron des sénateurs Bruno Retailleau a averti dans le JDD: "Nous n’avons pas à être la voiture-balai du macronisme. Ce serait une double trahison de nos électeurs" qui "ont donné un mandat clair : siéger dans l’opposition".


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