"Horizons", le nouveau parti d’Édouard Philippe

Pourquoi Edouard Philippe et les alliés d'Emmanuel Macron joueront un rôle central à l'Assemblée nationale

Justine Faure
Publié le 14 juin 2022 à 14h02
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Source : Les MATINS LCI

Emmanuel Macron aura du mal à obtenir la majorité absolue à l'Assemblée nationale, selon les projections faites à cinq jours du second tour des législatives.
S'il l'atteint avec la coalition Ensemble!, le seul groupe LaREM ne devrait pas y arriver.
Ce qui rendra incontournables les alliés du chef de l'État comme Edouard Philippe.

À l'issue du second tour des élections législatives, 275 à 310 sièges sont promis à la coalition gouvernementale Ensemble! à l'Assemblée nationale. Mais cela comprend les futurs députés LaREM, Horizons et Modem. Le parti du président de la République devrait donc bénéficier de la majorité absolue (289 députés) seulement avec l'aide de ses alliés, notamment de son ancien Premier ministre Edouard Philippe. Ce qui ne lui facilitera pas la tache pour gouverner et faire voter ses lois. 

Le poids que pourrait avoir le maire du Havre relance également les inquiétudes des macronistes, qui craignent que ses ambitions pour 2027 exacerbent ses envies d'indépendance et d'émancipation au fil du quinquennat. Pour les mettre en œuvre, Edouard Philippe pourra compter sur un groupe à l'Assemblée nationale, puisqu'il devrait réussir à faire élire entre 20 et 30 députés. 

En effet, si les résultats du premier tour sont en demi-teinte pour Emmanuel Macron, ils sont plutôt bons pour son ex-chef de gouvernement. Si les résultats d'Horizons sont cachés par ceux de la coalition Ensemble !, pour son premier scrutin, il réussit à qualifier 42 candidats sur 58, et parmi eux 24 sont arrivés en tête dans leur circonscription. Aussi, le seul député de la majorité élu dès le premier tour, Yannick Favennec, est estampillé Horizons. 

Dans une interview au Figaro dévoilée lundi soir, Edouard Philippe est venu rappeler au parti présidentiel l'importance de son rôle pour obtenir la majorité absolue. Il a rappelé que "son seul objectif" est "d'assurer au pays une majorité stable, solide et cohérente", en s'inquiétant d'une possible majorité relative. "Que ferait le pays si, dimanche, une majorité relative nous empêchait largement d’agir ? Si le poids de la Nupes entravait de façon systématique l’action du gouvernement ? Le désordre politique qui viendrait s’ajouter à l’instabilité et aux dangers du monde actuel serait une folie", fait valoir l'ancien locataire de Matignon.

Déjà des points de désaccord

Il prend en revanche ses distances sur le "Conseil national de la refondation" esquissé par le président de la République. "Rien ne peut concurrencer l'Assemblée nationale et le Sénat. Ce sont ces deux Chambres qui discutent et votent la loi. C'est une responsabilité considérable qu’il ne faut pas prendre à la légère. Il serait absurde de vouloir remplacer le Parlement par autre chose", met-il en garde, en affirmant par ailleurs que "ce n'est évidemment pas l'objectif du président".

Cité par Le Parisien, le maire de Reims et proche d’Edouard Philippe Arnaud Robinet prévient également : "Nous sommes loyaux et nous resterons loyaux vis-à-vis du président de la République. Mais nous sommes libres également. Nous représentons l’aile droite, le centre droit de la majorité présidentielle." De quoi rappeler qu'à l'exercice du pouvoir, les membres du parti pourraient prendre leurs distances sur certains textes. Par exemple sur la réforme des retraites, des divergences apparaissent déjà et laissent présager d'une adoption difficile pour l'exécutif.

Pour faire passer ses textes, le gouvernement pourra donc chercher le soutien d'autres groupes politiques, au cas par cas ou dans le cadre d'un accord de législature. Le plus naturel serait de se tourner vers les Républicains. Certains y sont prêts, comme Jean-François Copé qui plaide pour passer un pacte de gouvernement, mais d'autres s'y refusent. Lundi, le président du parti Christian Jacob a prévenu que LR sera "une opposition déterminée mais utile", capable de "voter et amender les réformes qui vont dans le bon sens" mais de "s’opposer durement à celles qui vont à contresens de ce que l'on souhaite et à l’intérêt du pays". 


Justine Faure

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