Élection présidentielle 2022

Présidentielle : comment la réforme des retraites empoisonne la campagne d'Emmanuel Macron

Idèr Nabili
Publié le 12 avril 2022 à 12h12
JT Perso

Source : TF1 Info

C'est l'une des mesures phares du programme d'Emmanuel Macron : la réforme des retraites.
Depuis lundi, le président-candidat est interpellé sur le report de l'âge légal, qui crispe l'électorat de gauche, qu'il cherche justement à séduire pour le second tour.
Le camp du président sortant a déjà accepté des concessions.

S'il fallait ne retenir qu'une mesure du programme d'Emmanuel Macron, la réforme des retraites serait sans doute tout en haut de la pile. Lundi 11 avril, pour son premier déplacement de l'entre-deux-tours, dans les Hauts-de-France, le report de l'âge légal de départ à la retraite était dans les bouches de tous les Français venus à sa rencontre. Si le président-candidat est arrivé en tête au premier tour, cette mesure divise et crispe les électeurs de gauche, dont Emmanuel Macron a pourtant besoin pour battre Marine Le Pen.

Contrairement à 2017, Emmanuel Macron entend repousser l'âge de départ, pour le porter progressivement à 65 ans en 2030. "Si on ne dit que ça, c'est sûr que ça ne marche pas", a admis, lundi, le candidat depuis Denain (Nord). Selon lui, travailler plus longtemps doit surtout permettre de financer des "avancées sociales", comme "la retraite minimale à 1100 euros, la réindexation de toutes les pensions dès cet été", mais aussi "la prise en compte individualisée des métiers pénibles et des carrières longues et fracturées".

Des mesures qu'il estime ne pas avoir suffisamment expliquées avant le premier tour, et qui lui ont coûté des plumes. "Son projet de réforme des retraites lui a fait perdre quelques points à gauche", analyse Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l'Ifop, dans un entretien accordé à TF1info.

La présentation de cette idée a d'ailleurs coïncidé avec une baisse dans les sondages. Selon notre partenaire Ifop-Fiducial, Emmanuel Macron recueillait 31,5% des intentions de vote le 9 mars dernier, juste avant que la réforme des retraites ne soit sortie du chapeau de la majorité. Il était ensuite descendu peu à peu jusqu'à 26%, deux jours avant le premier tour, même si la fin de "l'effet drapeau" de la guerre en Ukraine explique aussi cette baisse.

Concertations, référendum... Macron cherche le consensus

Pour convaincre les électeurs de gauche, et notamment ceux de Jean-Luc Mélenchon, qui plaidait pour la retraite à 60 ans, Emmanuel Macron a déjà esquissé quelques allègements. Lundi, il s'est dit prêt à "bouger" sur cette mesure, et a déclaré qu'il pourrait renoncer à porter l'âge légal à 65 ans, pour se limiter à 64 ans en 2027. "C'est un point de crispation", admet-il, "les 65 ans ne sont pas un dogme."

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Une concession inattendue au premier jour de la campagne du second tour, d'autant que le président sortant s'est lancé dans un numéro d'équilibriste : tendre la main à la gauche en prenant en compte son avis sur le sujet, tout en conservant une mesure populaire à droite et chez les électeurs qui l'ont porté en tête au premier tour. S'il est réélu, il assure que des concertations auront lieu, notamment avec les syndicats, tous opposés au texte, et a même ouvert la porte à un référendum sur la question. De quoi parler, en même temps, à la droite comme à la gauche.


Idèr Nabili

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