Législatives : Jean-Luc Mélenchon propose que la Nupes forme un seul groupe à l'Assemblée, le PS, EELV et le PCF refusent

par Maëlane LOAËC
Publié le 20 juin 2022 à 16h01, mis à jour le 20 juin 2022 à 16h55

Source : TF1 Info

Face à la menace de voir sa place de première opposante récupérée par le RN, l'union de gauche gagnerait à "rester une alternative unie", a défendu lundi son leader Jean-Luc Mélenchon.
Une "proposition" mais "pas une injonction", a-t-il insisté, assurant que le maintien de l'alliance ne gommera pas ses différentes composantes.
PS, EELV et PCF ont tout de suite exprimé leur refus.

Elle s'était imposée comme la première opposition au camp présidentiel pendant la campagne des législatives, mais elle est désormais défiée par le Rassemblement national : la Nupes obtient le second groupe le plus large à l'Assemblée nationale avec 131 sièges, derrière les macronistes, mais le parti d'extrême droite déjoue les pronostics en obtenant 89 élus. Face à cette menace, le leader de l'alliance de gauche Jean-Luc Mélenchon a plaidé lundi pour que sa coalition, qui rassemble aussi les communistes, socialistes et écologistes, reste "un seul groupe au Parlement".

"Le résultat (du scrutin, NDLR) est assez décevant pour nous. En toute hypothèse, il crée une situation ingérable pour le pays", a déploré l'Insoumis depuis le GQ de la Nupes. Il a accusé Emmanuel Macron de s'être "lancé dans une opération de racolage général" vis-à-vis du RN, qui pourrait obtenir notamment la présidence de la commission des Finances, un poste clé du Palais Bourbon. 

"On ne peut pas laisser le sentiment que l’extrême droite a gagné"

"Nous sommes en alerte", a-t-il averti, avant de lancer "une proposition" : "Nous devons être et rester une alternative unie, la Nupes devrait se constituer comme un seul groupe au Parlement, pour que, sans aucune discussion possible, il soit établi qui mène l'opposition dans le pays", a-t-il lancé. "C'est un élément de clarification, d'ordre dans le chaos qui s'avance", a poursuivi le député sortant insoumis, qui espérait rentrer à Matignon et imposer une cohabitation.

"Ce n'est pas une injonction, c'est une proposition. Naturellement, cela n'empêche pas chaque parti d'avoir une délégation, comme au Parlement européen", a-t-il ajouté, tout en glissant : "On ne peut pas laisser le sentiment que dans ce pays l’extrême droite a gagné, si peu que ce soit"

"Je ne propose pas la fusion, je sais qu'il y a des identités distinctes, mais il y a besoin d'une formation, une combinaison de combats, (...) ça n'effacera personne", a-t-il encore martelé, indiquant seulement qu'il souhaitait éviter que son camp "n'amplifie la confusion" actuelle dans l'Hémicycle, qui se dessine déjà selon lui. 

À peine formulée, cette proposition a pourtant été rejetée par les alliés de LFI. Le Parti socialiste, EELV et le PCF ont en effet déclaré à l'AFP qu'ils ne souhaitaient pas former un groupe Nupes unique à l'Assemblée nationale. "Il n'a jamais été question d'un groupe unique. Il y aura un groupe socialiste à l'Assemblée nationale", a déclaré Pierre Jouvet, porte-parole du PS. "Pas question de se fondre dans un groupe unique", a pour sa part réagi le porte-parole d'EELV Alain Coulombel. "Nous sommes favorables à un intergroupe mais pas un groupe commun", a souligné un proche du communiste Fabien Roussel. Ces trois partis rappellent d'ailleurs qu'à leurs yeux, l'accord de coalition signé début mai prévoyait des groupes distincts.


Maëlane LOAËC

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