La Nupes, l'alliance de gauche à l'Assemblée nationale

La folle semaine qui s’annonce à l’Assemblée nationale

A.B. avec AFP
Publié le 26 juin 2022 à 10h29, mis à jour le 26 juin 2022 à 16h10
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Première femme au perchoir, nominations stratégiques... La semaine qui s'ouvre à l'Assemblée nationale promet d'être "épique".
Plusieurs votes doivent se tenir pour l'attribution de postes clés de l'institution.
La gauche et le RN sont en embuscade.

De l'aveu même d'une source parlementaire, les prochains jours s'annoncent "épiques" à l'Assemblée nationale. Perchoir promis à une femme, nomination à la très stratégique commission des finances : à compter de lundi s'ouvre, au Palais Bourbon, une semaine où les tractations et discussions iront bon train. 

Des questions cruciales alors que les macronistes ont perdu la majorité absolue lors des élections législatives, la semaine dernière. De son côté, la Première ministre Elisabeth Borne va poursuivre ses échanges avec les groupes parlementaires afin de former un "gouvernement d'action" pour "début juillet", comme voulu par Emmanuel Macron. 

"C'est une nouvelle semaine de travail, d'action et de consultations politiques qui attend la Première ministre", a expliqué à LCI l'entourage d'Elisabeth Borne ce dimanche. "Elle consultera à partir de mardi les groupes parlementaires pour explorer le degré de coopération auxquels ils sont prêts : accords de gouvernement avec ou sans participation, vote ou non de la confiance et vote ou non du budget." 

Les groupes politiques seront sondés sur les "urgences", à savoir les mesures envisagées pour le pouvoir d'achat ou encore la situation sanitaire, mais aussi sur les grands chantiers comme la santé, l'école, le travail ou l'environnement. 

Une femme au perchoir

Les débats devraient débuter dès mardi, avec le vote pour la présidence de l'Assemblée nationale. Sauf énorme surprise, pour la première fois en France, le poste devrait revenir à une femme : Yaël Braun-Pivet, qui était ministre des Outre-mer depuis un mois et est sortie du gouvernement ce week-end. Encore novice en politique en 2017, l'ex-présidente de la commission des Lois de l'Assemblée a été réélue députée des Yvelines, lors des législatives. Elle avait été investie mercredi par la majorité présidentielle pour succéder à Richard Ferrand (LREM), un proche d'Emmanuel Macron défait au second tour des élections.

La nomination pour la présidence du perchoir se déroulera à partir de 15h. L'ensemble des députés seront alors réunis par ordre alphabétique pour lancer la XVIe législature et se prononceront lors d'un vote à bulletin secret à la tribune. Yaël Braun-Pivet n'est pas la seule à se présenter, elle affrontera Annie Genevard (LR), ex-vice-présidente LR de l'Assemblée, l'élu RN Sébastien Chenu, et probablement un candidat de l'union de la gauche. 

Si la majorité absolue des suffrages exprimés n’a pas été obtenue aux deux premiers tours de scrutin, la majorité relative suffit au troisième tour, ce qui devrait garantir, sauf accident, l'élection de Yaël Braun-Pivet. Cette séance inaugurale sera présidée par le doyen des députés, José Gonzalez (RN), 79 ans - un nouvel élu, ce qui n'était jamais arrivé jusqu'alors. 

Heure butoir pour les groupes politiques

Mardi avant 18h, les groupes politiques représentés à l'Assemblée nationale devront remettre à la présidence leurs déclarations politiques, accompagnées de la liste de leurs membres et des députés apparentés. Les groupes politiques peuvent, le cas échéant, se déclarer d'opposition. La liste sera publiée mercredi au Journal officiel. Cette échéance est importante, puisqu'elle va permettre d'établir définitivement le rapport de force qui se jouera au sein de l'hémicycle après la perte de la majorité absolue pour le parti présidentiel. 

La majorité compte 252 députés, a indiqué jeudi la cheffe de gouvernement : il lui manque donc 37 élus pour la majorité absolue. Les téléphones chauffent dans la droite et la gauche modérées et les "pressions" sont fortes, témoigne un député. À ce stade, on s'achemine vers 10 groupes politiques au total, soit le record déjà atteint en 2000 : trois groupes de la majorité (LaREM rebaptisé Renaissance, MoDem et Horizons), quatre à gauche (LFI, PS, PCF, écolo), les groupes LR et RN, et sans doute les "Utiles". Ce dernier groupe, composé notamment de députés d'Outre-mer, entend être "indépendant" et plutôt dans "l'opposition propositionnelle".

Nomination du bureau de l'Assemblée nationale

Mercredi, ce seront les membres du bureau de l'Assemblée nationale qui seront désignés, lors d'une séance qui doit se tenir à 15h. Ces désignations pourront se faire par scrutin, s'il y a pluralité de candidats. Lors de ce rendez-vous, il s'agit de nommer les six vice-présidents de l'Assemblée, qui assurent à tour de rôle, avec le président de l'Assemblée, la présidence des séances. Les trois questeurs, deux de la majorité, un de l'opposition, seront également désignés. 

Le bureau régit le fonctionnement de l'Assemblée nationale et peut aussi décider de lever l'immunité d'un député. Il doit refléter la composition de l'Assemblée. Après un psychodrame en 2017 sur le questeur d'opposition, la majorité a revu les règles, établissant un système par points en fonction du poste à pourvoir, en vue de la répartition entre les groupes.

Les très stratégiques commissions

Rendez-vous important, jeudi, et qui promet de vif débats : à partir de 10h30, l'Assemblée doit élire les présidents des huit commissions permanentes (Lois, Affaires économiques ou encore Affaires sociales). L'élection du président de la très stratégique commission des Finances sera particulièrement scrutée. Le poste doit revenir à un membre de l'opposition et fait l'objet de vives convoitises de la part de la gauche comme du Rassemblement national qui revendiquent tous deux le droit de diriger cette commission, qui agit comme un véritable contre-pouvoir sur l'action du gouvernement en matière de budget.

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 La majorité, traditionnellement, ne participe pas au vote pour cette commission, laissant les oppositions s'organiser. Certains macronistes se réservent cependant la possibilité de départager RN et gauche, qui prétendent au poste de président avec respectivement Jean-Philippe Tanguy, ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, et Éric Coquerel (LFI) ou Valérie Rabault (PS). Pour éviter les fractures au sein de la Nupes, cette dernière a suggéré une présidence tournante... à gauche. 


A.B. avec AFP

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