Assemblée nationale : qui pour prendre la tête de la très stratégique commission des Finances ?

Publié le 30 juin 2022 à 8h21

Source : TF1 Info

L'élection du président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale se déroule ce jeudi.
Il s'agit d'un poste clé, traditionnellement acquis à l'opposition.
Mais entre la Nupes et le Rassemblement national, difficile de savoir qui en prendra la tête.

Tout le monde revendique le poste. Tandis que la Nupes forme, sans aucun doute, le premier groupe d'opposition, le Rassemblement national (RN) est désormais le premier parti de l'opposition à l'Assemblée nationale. Ce dimanche 19 juin, la formation nationaliste a gagné 89 sièges, soit plus que le parti de gauche qui a remporté le plus de voix : la France insoumise. LFI ne possède ainsi que 86 des 149 élus de l'union de la gauche. Les Républicains ont quant à eux gagné 78 sièges. Une situation inédite, qui soulève une question cruciale :  qui héritera de la présidence de la commission des Finances ?

Un membre de l'opposition, quelle qu'elle soit

Une interrogation qui est sur toutes les lèvres, tant l'enjeu est grand. Car ce poste sert clairement de contre-pouvoir. S'il y a huit commissions permanentes à l'Assemblée nationale, celle qui s'occupe des Finances a un rôle très particulier. Elle supervise les comptes de l'État, ce qui lui donne accès à un certain nombre d'informations, notamment sur les réformes voulues par le gouvernement au moment de décider du budget annuel. Tous les dossiers autour du pouvoir d'achat proposés par le gouvernement devront également être discutés avec cette commission. Par ailleurs, elle exerce un réel rôle de contrôle du budget de l'État, peut demander l'ouverture d'une commission d'enquête parlementaire ou rejeter des amendements.

Il vaut donc mieux l'avoir de son côté. Or, le député qui la préside doit être un membre de l'opposition. Mais laquelle ? Fraichement élu, le député de l'Oise Philippe Ballard a d'ores et déjà réclamé que ce poste soit accordé au Rassemblement national. Sur Franceinfo, le porte-parole du RN a souligné que ce poste était "dévolu depuis une quinzaine d'années au parti d'opposition majoritaire". "Nous sommes le premier parti de France", a-t-il lancé, et "le premier parti d'opposition". C'est vrai, à quelques conditions. La Nupes peut encore parvenir à former un seul groupe. Et des élus du Parti socialiste ou des Verts peuvent encore rejoindre les rangs de la France insoumise.

Par ailleurs, si ce poste revient depuis 2007 au groupe d'opposition le plus important, ce n'est pas une obligation. Le règlement de l'Assemblée nationale dit simplement que la présidence de la commission des Finances doit revenir à "un député appartenant à un groupe s’étant déclaré d’opposition". Il pourrait aussi bien s'agir d'un député issu de l'opposition - Insoumis ou RN - qu'un élu du Parti Socialiste ou des Républicains. Ce ne serait pas la première fois qu'on verrait la Macronie piocher dans ces deux partis traditionnels pour arriver à mener sa politique. 

Ainsi, disant "entendre la bataille" qui va s'ouvrir pour ce poste, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a souligné sur France Inter qu'il "doit aller constitutionnellement à un groupe d'opposition" et qu'"il n'y a pas de certitude quand on lit la Constitution".

La désignation du successeur d'Eric Woerth est donc l'un des dossiers cruciaux de ces prochains jours. Le vote des membres de la commission des Finances aura lieu le 30 juin. 


Felicia SIDERIS

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