La France fait-elle les bons choix face au virus ?

Retard de la vaccination : la campagne "démarrera vraiment cette semaine", assure Gabriel Attal

Idèr Nabili
Publié le 3 janvier 2021 à 20h20
JT Perso

Source : TF1 Info

L'essentiel

POLÉMIQUE - Invité de l'émission "En toute franchise" ce dimanche 3 janvier sur LCI, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a justifié la lenteur du démarrage de la vaccination contre le Covid-19 et assuré qu'elle "démarrera vraiment cette semaine".

Le vaccin était attendu depuis de nombreux mois, mais tout juste arrivé... il peine à se déployer en France. Une semaine après les premières injections, 516 doses ont été administrées dans le pays, selon des données partielles regroupées par CovidTracker. L'Allemagne, quant à elle, a déjà permis à près de 200.000 personnes de recevoir la première dose. Un retard largement critiqué par la communauté scientifique - certains épidémiologistes dénoncent "un fiasco" - et partagé par les partis politiques d'opposition qui, à l'image de Marine Le Pen, qualifient la vaccination française de "risée du monde développé".

Ce dimanche 3 janvier, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a tenté de répondre aux critiques. "Notre stratégie vise en particulier les personnes âgées en maison de retraite", justifie-t-il dans En toute franchise (voir vidéo en tête de cet article). "C'est ce qui nous a été recommandé par les autorités de santé. Un démarrage plus progressif est nécessaire pour des raisons logistiques - ce ne sont pas des personnes à qui vous demandez de se déplacer à travers le pays - et parce qu'un délai est lié à une consultation pré-vaccinale et au recueil du consentement. Cela prend un peu plus de temps", reconnaît-il.

Mercredi, 94 établissements disposeront de 500.000 doses pour des professionnels de santé

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement

Mais pour Gabriel Attal, "au bout de cette première phase, pour laquelle nous disposons du même nombre de vaccins que nos voisins européens, nous aurons utilisé le même nombre de doses (que les pays européens) comparativement à notre population". Selon le porte-parole du gouvernement, l'objectif d'un million de personnes vaccinées d'ici fin janvier sera tenu, car "nous avons un peu plus de deux millions de doses" à disposition.

Pour parvenir à cet objectif, CovidTracker estime qu'il faudrait vacciner près de 35.000 personnes par jour jusqu'au 31 janvier. Un coup d'accélérateur devrait donc rapidement arriver, à l'instar de ce qu'a réclamé le président de la République, Emmanuel Macron. La campagne de vaccination "démarrera vraiment cette semaine", assure Gabriel Attal, "cela va monter en puissance". Concrètement, dès "mercredi, 94 établissements de santé en France disposeront de plus de 500.000 doses à proposer à des professionnels de santé", indique le porte-parole du gouvernement.

On ne juge pas une campagne de vaccination de six mois en six jours

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement

Par la suite, "une phase avec des points en ville démarrera au début du mois de février", poursuit-il. "Les élus peuvent proposer aux agences régionales de santé, pour les phases ultérieures, des lieux pour des points de vaccination, avec deux prérequis : la proximité et un accompagnement médical."

Ce calendrier devrait permettre de vacciner "15 millions" de personnes à l'issue des deux premières phases. "Si les précommandes de doses devaient arriver, nous nous adapterions pour vacciner davantage de personnes, si c'est possible", promet Gabriel Attal. "Mais l'objectif annoncé par le Premier ministre à l'Assemblée nationale, ce sont 15 millions de personnes vulnérables" vaccinées prioritairement.

Selon le porte-parole du gouvernement, le démarrage poussif de la campagne ne provoquera donc pas un retard vis-à-vis de nos voisins européens. "Le gouvernement fait des choix, que nous assumons, et ne fuit pas ses responsabilités, jamais. Mais on ne juge pas une campagne de vaccination qui va durer six mois en six jours."