La Nupes, l'alliance de gauche à l'Assemblée nationale

Retrait d'Adrien Quatennens : du soutien de Mélenchon aux "sanctions" réclamées par Rousseau, la gauche se déchire

I.N
Publié le 18 septembre 2022 à 14h45, mis à jour le 19 septembre 2022 à 17h40
JT Perso

Source : TF1 Info

Dans un long communiqué, le député Adrien Quatennens a reconnu dimanche avoir, entre autre, mis "une gifle" à son épouse il y a un an.
Il s'est mis en retrait de ses fonctions de coordinateur de La France insoumise.
Son cas sème la discorde à gauche.

La Nupes en ordre dispersé. Dans un communiqué posté ce dimanche matin sur Twitter, le député du Nord Adrien Quatennens a annoncé sa mise en retrait de ses fonctions de coordinateur de La France insoumise (LFI), après avoir avoué être l'auteur d'une "gifle" sur son épouse il y a un an, mais également lui avoir "saisi le poignet", pris son téléphone et l'avoir inondée de messages dans le cadre d'une procédure de divorce douloureuse. Elle a déposé une main courante. 

"J'ai profondément regretté ce geste et je m'en suis alors beaucoup excusé", explique Adrien Quatennens. "Je pourrais faire le dos rond, minimiser les faits et attendre que la tempête passe. Mais [...] je me mets en retrait de ma fonction de coordinateur pour protéger le mouvement, ses militants et tous ceux qui comptent beaucoup pour moi."

Invitée sur LCI dans Le Grand Jury, la présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, Mathilde Panot, a préféré saluer "la bonne décision" d'Adrien Quatennens. "Sa décision est juste et sage", déclare-t-elle (voir vidéo en tête de cet article). "C'est un signal important pour un mouvement qui, comme nous, est attaché aux questions" des violences sexistes et sexuelles faites aux femmes.

Sandrine Rousseau réclame des "sanctions" de LFI

Le soutien est encore plus marqué pour le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon. "La malveillance policière, le voyeurisme médiatique, les réseaux sociaux se sont invités dans le divorce conflictuel d'Adrien" et son épouse, a tweeté l'ancien candidat à l'élection présidentielle. "Adrien décide de tout prendre sur lui. Je salue sa dignité et son courage. Je lui dis ma confiance et mon affection."

Des mots très éloignés de ceux tenus par Sandrine Rousseau, membre, comme Adrien Quatennens, de la Nupes au Palais Bourbon. "Il faut qu'il se mette en retrait de toute parole publique, voire en retrait du groupe LFI à l'Assemblée", a réclamé la députée écologiste sur Radio J. "Ce n'est pas possible de représenter les hommes et les femmes [...] quand on s'est rendu coupable de tels actes." Sandrine Rousseau souhaite aussi des "sanctions" de La France insoumise envers Adrien Quatennens. "Il y a maintenant une décision du parti politique à prendre."

La militante féministe Caroline de Haas a, de son côté, offert une réponse acerbe au tweet de Jean-Luc Mélenchon, faisant mine de réécrire le message du leader insoumis en parlant à la première personne : "Les violences au sein du couple sont intolérables, quels que soient les conflits qui existent. J’exprime mon soutien à Céline. Je prends acte des excuses et du retrait d’Adrien de ses fonctions au sein du mouvement. Tout mon soutien aux femmes victimes, partout dans le monde."

La députée LFI Clémentine Autain a adopté une ligne relativement proche. "Juste et inévitable décision d'Adrien Quatennens de se retirer de ses responsabilités au sein de LFI", a-t-elle tweeté. "Notre mouvement est celui de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Mes pensées vont à toutes les femmes qui aspirent à leur liberté."

Quid de son avenir ?

Les révélations d'Adrien Quatennens sèment également le trouble sur son avenir à moyen terme, alors que La France insoumise va chercher un successeur à Jean-Luc Mélenchon, qui a laissé entendre début septembre qu'il n'envisageait pas de se présenter à l'élection présidentielle 2027. Le député du Nord, 32 ans, pourrait-il être l'heureux élu ? "Je pense que c'est compromis", répond Sandrine Rousseau, qui n'est toutefois pas membre de LFI.

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Dans les rangs "mélenchonistes", cette possibilité n'est, en revanche, pas écartée. "Nous ne pensons pas qu'un homme, même s'il a commis à un moment un acte de violence, est violent à vie", préfère tempérer Mathilde Panot. "Donc non, je ne crois pas" que l'avenir d'Adrien Quatennens soit compromis.

Dans un court communiqué, La France insoumise a "salué" la mise en retrait d'Adrien Quatennens, "prise en concertation avec les instances du mouvement", insistant sur "l'engagement sans faille" du mouvement "dans la lutte contre les violences faites aux femmes"


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