Marine Le Pen a indiqué que son groupe voterait finalement la motion de censure déposée par la Nupes.
Un changement de position surprise, qui a pour but de rejeter sur Les Républicains la responsabilité de l'échec des deux motions défendues ce lundi.
Et de mettre dans l'embarras l'alliance de gauche en soutenant son texte.

"Je ne peux pas voter une motion de censure avec La France insoumise qui explique qu'il faut plus d'argent pour l'immigration, moins pour la police. Ce n'est pas possible, car nos projets sont radicalement inverses." Voilà ce qu'expliquait la cheffe du groupe Rassemblement national Marine Le Pen jeudi dernier, au lendemain du 49.3 et alors que son groupe et l'alliance de gauche déposaient des motions de censure. Depuis, le groupe d'extrême droite a changé d'avis.

Ce lundi à la tribune de l'Assemblée nationale, Marine Le Pen a surpris en annonçant que finalement, le groupe RN "votera également la motion de censure présentée en des termes acceptables de l’autre côté de l’hémicycle", à savoir par la Nupes. "Au Rassemblement national, nous ne craignons pas les menaces de dissolution. (...) Nos places ne nous importent pas. Elles comptent moins que nos convictions, moins que l’intérêt bien compris et bien défendu des Français : que chacun le sache, notre confort personnel ne nous importe pas lorsque le sort du pays est en jeu", a-t-elle poursuivi, en référence aux menaces de dissolution de l'Assemblée nationale agitées par Emmanuel Macron en cas d'adoption d'une motion de censure.

Pointer du doigt Les Républicains

Ce changement de position a été acté cet après-midi lors d’une réunion de groupe qui s'est tenue avant l’ouverture de la séance de débats. Jordan Bardella et Marine Le Pen y auraient réfléchi sérieusement ces dernières heures, dans le but de ne pas apparaître comme une opposition incapable de compromis et de solutions pour faire bouger les choses. "À part quelques mots verdâtres, le contenu de leur motion n’est pas trop délirant", remarque un député auprès de TF1 et LCI. Surtout, "l’objectif, c’est que ce soir tout le monde dise que LR a sauvé le gouvernement", glisse un proche de Marine Le Pen.

De fait, tous les yeux étaient braqués sur Les Républicains, dont les voix étaient nécessaires à celles de la Nupes et du RN pour faire adopter les motions de censure, qui doivent recueillir au moins les votes de la majorité des députés, soit 289. En indiquant s'allier à l'alliance de gauche, le Rassemblement national montre donc qu'il est responsable et prêt à faire des concessions pour parvenir à son but : démettre le gouvernement. A contrario des Républicains, dont le chef de groupe Olivier Marleix a confirmé ce lundi qu'ils ne voteraient aucune des deux motions de censure.

Mettre dans l'embarras la Nupes

Aussi, "ça fait tellement chier la Nupes qui ne s’y attendait pas, que ça nous fait vraiment plaisir", indique un autre parlementaire RN pour expliquer le choix de son groupe. En se rapprochant de l'alliance de gauche, le parti de Marine Le Pen la met effectivement dans l'embarras. D'ailleurs, plusieurs de ses membres ont réagi et tenu à prendre leurs distances. "Ne nous y trompons pas, la Nupes ne sera jamais l'alliée de l'extrême droite", a tweeté le socialiste Arthur Delaporte. Aussi, ils répètent que de leur côté, ils ne voteront pas pour la motion de censure déposée par le RN. "Jamais sous aucun prétexte, nous ne voterons une motion de censure du RN. Incompatible avec nos convictions", a déclaré à TF1 et LCI Benjamin Lucas (PS). 

Toutefois, si les entourages de Marine Le Pen et Jordan Bardella assurent que ce revirement n'a pas suscité d'opposition au sein du groupe RN, certains se montrent critiques. "Ça fait vraiment tache ce changement de pied. Je veux bien qu’on ne doive pas apparaitre comme une opposition ouverte, mais changer à la dernière minute pour faire un coup politique, ça peut se retourner contre nous", avoue un député à TF1 et LCI. 


Justine Faure avec le service politique de TF1 et LCI

Tout
TF1 Info