14 Juillet : le défilé et l'interview du Président de la République

"Sa main tendue ne nous concerne pas" : l'opposition réagit à l'interview d'Emmanuel Macron

V.M avec AFP
Publié le 14 juillet 2022 à 15h48
JT Perso

Source : Emission spéciale

Lors de son interview du 14-Juillet sur TF1, Emmanuel Macron a défendu ses projets de réforme de l'assurance chômage et des retraites, et appelé l'opposition à la "responsabilité" dans le vote des textes.
Un entretien accueilli avec défiance, de la Nupes au RN.

Ce n'est pas vraiment une surprise : Emmanuel Macron n'a pas convaincu ses opposants au cours de l'interview accordée à TF1 et France 2 à l'occasion de la fête nationale du 14-Juillet. Le chef de l'État, qui a notamment maintenu ses objectifs critiqués de réforme des retraites et de l'assurance chômage, semble au contraire avoir uni contre lui les voix des groupes politiques dont il dépend désormais à l'Assemblée nationale, faute de majorité absolue.

Sur TF1, le chef de l'État a notamment appelé l'opposition à "l'esprit de responsabilité", faisant référence au rejet par les députés d'un article de la loi sanitaire qui permettait l'instauration d'un contrôle aux frontières. "Un coup de chaud nocturne" et "un attelage baroque" entre le RN, LFI et LR pour le président de la République, qui veut croire que les parlementaires voteront les réformes à venir. 

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"J’ai vainement essayé de saisir toutes les occasions de compromis avec Emmanuel Macron", a répondu dans la foulée le député socialiste Olivier Faure. "Salaires, assurance chômage, retraites, uberisation du travail, taxe sur les superprofits : son cap est clair. Sa main tendue ne nous concerne pas."

Un président "hors sol"

"C'est vous M. Macron qui êtes baroque de ne pas entendre", a riposté pour sa part le député LFI Alexis Corbière. "Sur les retraites, il maintient le cap, malgré le fait qu'il n'a pas de majorité à l'Assemblée. Il n'a pas compris que s'il n'a pas de majorité, c'est lié à son projet sur les retraites", a ajouté le lieutenant de Jean-Luc Mélenchon. "Il veut bâtir des compromis, mais sur sa feuille de route, ce qui me semble impossible. On n'a pas été élus pour ça." 

Au sein de la Nupes, le député EELV Julien Bayou a, lui aussi, tancé la "grande prouesse d'Emmanuel Macron, capable de discourir sur les difficultés de recrutement dans les métiers en tensions sans dire un mot sur l'obligation d'augmentation des salaires et d'améliorer les mauvaises conditions de travail". 

À droite, le président du groupe LR Olivier Marleix a récusé la formule "coup de chaud nocturne", affirmant que le vote des députés exprimait "la voix des Français dans leur diversité". "Apprenez ce 'respect de chacun' auquel vous invitez", a-t-il enjoint. 

Quant au RN, il a dénoncé en Emmanuel Macron un esprit "obtu, têtu", par la voix du député Laurent Jacobelli. "Il ne changera jamais", a assuré ce dernier. "C'est un président de la République hors sol qui n'a rien compris", a conclu le député. 


V.M avec AFP

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