VIDÉO - Salon de l'agriculture : on vous explique l'imbroglio autour du "grand débat" souhaité par Emmanuel Macron

Publié le 23 février 2024 à 12h29, mis à jour le 23 février 2024 à 15h24

Source : JT 13h Semaine

L'Élysée souhaitait organiser un "grand débat" avec les acteurs du monde agricole, ce samedi au Salon de l'agriculture.
Mais l'invitation annoncée au collectif des Soulèvements de la Terre est venue remettre en cause la tenue de la discussion, à laquelle la FNSEA ne veut plus participer.
Ce vendredi, l'Élysée assure que le collectif écologiste n'a jamais été invité et plaide "une erreur faite lors de l’entretien avec la presse en amont de l’événement".

Emmanuel Macron avait hâte de débattre avec les agriculteurs, ce samedi 24 février au Salon de l'agriculture. Mais à 24 heures de l'événement, rien n'est moins sûr. À peine annoncé, ce "grand débat" importé Porte de Versailles en pleine crise agricole semble avoir beaucoup de plomb dans l'aile. La faute à une invitation envoyée puis retirée au mouvement écologiste des Soulèvements de la Terre qui n'a pas du tout plu à la FNSEA. Ce vendredi, le syndicat majoritaire chez les agriculteurs assure toujours qu'il ne participera pas à la discussion d'"au moins deux heures" que l'Élysée souhaitait "républicaine" mais "sans filtre".

"Une provocation inacceptable pour les agriculteurs"

Tout a commencé jeudi dans l'après-midi, lorsque l'Élysée a indiqué lors d'un échange avec la presse qu'elle souhaitait convier au débat plusieurs centaines de personnes dont les représentants des principaux syndicats agricoles (FNSEA, Jeunes agriculteurs, Coordination rurale, Confédération paysanne, etc.), de la grande distribution (Lidl, Leclerc...), des industriels tels que le transformateur de viande Bigard et des responsables d'associations environnementales. L'Élysée a alors cité Réseau Action Climat, Générations futures et les Soulèvements de la Terre, collectif que l'exécutif voulait dissoudre avant que la décision ne soit annulée par le Conseil d'État.     

Quelques heures plus tard, la FNSEA faisait alors savoir qu'elle refusait de participer à une discussion en présence des Soulèvements de la Terre. "L'invitation par le président de la République au Salon de l'agriculture d'un groupuscule dont la dissolution a été demandée par son propre gouvernement est une provocation inacceptable pour les agriculteurs. J'avais accepté de participer à un débat. Dans ces conditions, je refuse de prendre part à ce qui ne sera qu'une mascarade", a déclaré son président Arnaud Rousseau sur X jeudi soir. "Il n'y a pas de débat possible avec ces gens violents", a aussi posté sur X le président des Jeunes Agriculteurs Arnaud Gaillot, refusant lui aussi de participer. 

Quelques minutes plus tard, l'Élysée envoyait donc un correctif, indiquant que "pour garantir la sérénité des débats, les Soulèvements de la Terre" ne sont "pas conviés" au débat.

La politique, c'est autre chose que de la com' ou du show
Arnaud Rousseau

Pas suffisant pour calmer les esprits, à en croire les déclarations du président de la FNSEA ce vendredi matin. Invité de BFMTV, Arnaud Rousseau a confirmé : "Le président fera ce qu'il veut, je ne participerai pas à ce débat". "La politique, c'est autre chose que de la com' ou du show. Et dans le moment où l'on est, (cette invitation) renvoie l'image aux agriculteurs que finalement rien n'a été compris de leurs problématiques", a-t-il ajouté. 

L'invitation aux Soulèvements de la Terre a même créé des divisions au sein du gouvernement. Sur TF1, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau l'a jugée "inopportune", "compte tenu du contexte". Les Soulèvements de la Terre constituent "un collectif dont le modèle d'expression est plutôt le cocktail Molotov", a-t-il jugé, "Donc on ne discute pas avec ces gens-là."  

"Les Soulèvements de la Terre n’ont été ni conviés ni contactés", assure l'Elysée

Sentant le vent tourner de façon très défavorable, l'Élysée a de nouveau communiqué sur le sujet, ce vendredi autour de midi. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, les services du chef de l'État assurent que "les Soulèvements de la Terre n’ont été ni conviés ni contactés. Il s’agit d’une erreur faite lors de l’entretien avec la presse en amont de l’événement". Ils indiquent que si "des contacts ont été pris avec des collectifs ayant par le passé perturbé le salon pour leur proposer, pour cette édition, une expression constructive dans le cadre de cet échange", ce n'est pas le cas de celui susnommé. 

Ce vendredi après-midi, des groupes distributeurs ou des associations de défense de l'environnement font part de leur souhait à participer ou non au débat, ou s'étonnent d'être cités parmi les participants sans avoir été invités. C'est le cas du président du groupe Leclerc Michel-Edouard Leclerc, qui assure ne pas avoir été invité et ne pas souhaiter participer à ce qu'il estime être "une grossière manipulation".  

La FNSEA a également confirmé, après réunion de son Conseil d'Administration "qu'aucun représentant de la FNSEA ne participera demain matin au débat organisé par le Président de la République". Le syndicat, par la voix d'Arnaud Rousseau, demande même à annuler la tenue du débat "face aux risques de débordement"


Justine FAURE

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