Après les élections législatives, une France ingouvernable ?

Semaine de casse-tête pour Elisabeth Borne, chargée de former un "gouvernement d'action"

LC. avec l'AFP
Publié le 27 juin 2022 à 8h09
JT Perso

Source : JT 20h WE

Missionnée par Emmanuel Macron, la Première ministre débute une semaine cruciale.
Elle doit donner sa "feuille de route" pour former un "gouvernement d'action" début juillet.
Certains dans la majorité n'y croyant pas et les oppositions ayant déjà refusé de servir de "béquille".

C'est la mission quasi impossible de la semaine : d'abord fragilisée, aujourd'hui confortée, Elisabeth Borne doit former le "nouveau gouvernement d'action" après la déroute de la majorité présidentielle aux élections législatives. Samedi, le chef d'État a renouvelé, dans un entretien à l'AFP, "sa confiance (...) dans la durée" à sa Première ministre. Mais il lui a également renvoyé la balle en la chargeant de faire des propositions pour un très prochain remaniement. Ce changement de braquet interviendra "dans les premiers jours de juillet", après la semaine très internationale d'Emmanuel Macron.

Les oppositions peu réceptives

D'ici là, la Première ministre devra se trouver des alliés. Dès ce lundi, elle questionnera de nouveau les groupes parlementaires des Républicains aux communistes - mais pas le Rassemblement national ni la France insoumise - sur un possible "accord de gouvernement". Elle consultera également leur position sur le vote des prochains textes de loi.

Mais qui est prêt à participer au nouveau gouvernement ? Difficile à dire, car pour l'instant, aucune force politique ne semble réceptive. Chez Les Républicains, principale formation vers laquelle espère se tourner le président, le nouveau patron des députés Olivier Marleix refuse "de servir de béquille au pouvoir". Et d'ajouter : "Nous voulons être utiles aux Français. C'est ce qui nous animera lors de l'examen de chacun des textes", a-t-il répété au Journal du dimanche.

Du côté des écologistes, Sophie Taillé-Polian, vice-présidente du groupe à l'Assemblée Nationale, assure aussi que "évidemment non", ils ne rejoindront pas la majorité présidentielle.

La majorité sceptique

Au sein de celle-ci, certains sont d'ailleurs sceptiques. Le patron du MoDem François Bayrou ne pense pas que des "accords d'appareil" ou une "coalition" soient possibles avec des oppositions. "Confiant, mais pas optimiste", le député LaREM Gilles Le Gendre fait le même constat. Manifestement, "les forces politiques de gouvernement ne sont pas prêtes à la grande coalition telle que nous pourrions la rêver sur un modèle à l'allemande", prévient-il.

Et il y a bien quelques postes à pourvoir : une dizaine de portefeuilles pourrait être attribuée début juillet. Du côté de l'Élysée, on espère ainsi des "clarifications" au sein des oppositions où résident "des voix dissonantes", prêtes à gouverner avec le groupe présidentiel. Avec 245 députés, Emmanuel Macron a obtenu la majorité relative la plus basse de l'histoire de la Ve République. Mais depuis, des parlementaires sont décrochés un à un, et Elisabeth Borne comptait jeudi 252 députés, à 37 voix de la majorité absolue.

Pour l'insoumis Éric Coquerel, le président "fait mine de maîtriser la situation". "Jupiter patauge", renchérit François Ruffin. Le numéro 2 de LFI, Adrien Quatennens a confirmé, dimanche, qu'il n'y avait "pas d'arrangement possible" et "pas de risque" à ses yeux d'un éclatement de l'alliance de gauche Nupes sur la question. Ceux de l'alliance qui rejoindraient le gouvernement seraient dans une "mésaventure individuelle", rajoute l'insoumise Clémentine Autain. 

 

Reste que, Fabien Roussel, patron des communistes, laisse planer le doute : "Nous soutiendrons tout ce qui va dans le sens de la défense du pouvoir d'achat des Français" mais, a-t-il prévenu sur LCI, "nous ne pourrons pas participer à un gouvernement qui prévoit d'allonger l'âge de départ à la retraite".

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La Nupes s'apprête à déposer "une grande loi d'urgence sociale" et les députés LR vont également mettre sur la table des propositions sur le pouvoir d'achat. Le texte gouvernemental en préparation propose la hausse de 4 % d'une série de prestations sociales.


LC. avec l'AFP

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