"C'est horrible en fait" : un député soumet ses collègues à un simulateur de règles douloureuses

par J.F.
Publié le 23 mars 2024 à 13h46

Source : TF1 Info

Le député écologiste Sébastien Peytavie a soumis plusieurs de ses collègues à un simulateur de règles douloureuses.
Une expérience censée plaider en faveur de la création d'un congé menstruel pour les femmes souffrant de règles douloureuses
Sa proposition de loi sera examinée le 4 avril à l'Assemblée nationale.

Des cris et des torsions de douleur. Pour accompagner l'examen prochain de sa proposition de loi visant à reconnaître et protéger la santé menstruelle et gynécologique dans le monde du travail, le député écologiste Sébastien Peytavie a soumis ses collègues de tous bords à un simulateur de règles douloureuses. Dans les vidéos partagées sur les réseaux sociaux et déjà vues plus d'un million de fois, les cobayes d'un jour constatent à quel point il est difficile de travailler et de se concentrer avec cette douleur. De quoi donner du crédit à la création d'un congé menstruel pour les femmes souffrant de dysménorrhées - qui sera débattu le 4 avril à l'Assemblée nationale.

Une fois consentants pour ressentir la douleur, les députés sont soumis au défi de lire comme si de rien n'était l'exposé des motifs de la proposition de loi. Impossible. S'ils peuvent donner l'impression de prendre cela à la légère - beaucoup d'éclats de rire ponctuent l'expérience - ils sont unanimes dans leur constat. "Ça fait mal quand même", constate Léo Walter (LFI), "c'est douloureux", confirme Clément Beaune (Renaissance), "c'est vraiment douloureux", assure Hadrien Clouet (LFI). "C'est évidemment extrêmement difficile de se concentrer à certains moments. Mais en tout cas c'est très chiant", confirme Erwan Balanant (MoDem). "Travailler avec ça, là pour le coup, c'est difficile", abonde Stéphane Vojetta (Renaissance). 

"Des coups de poignard"

"C'est impossible de se figurer ce que c'est que la douleur. Et par ailleurs, en le testant, je ne pensais pas que c'était à ce point", entend-on dire Louis Boyard (LFI) à l'issue de l'expérience, répondant comme en creux aux femmes qui trouveront dommage d'avoir à passer par cette étape pour être crues ou entendues. "C'est bien cette expérience parce que ça nous permet de mieux se mettre à votre place", reconnaît Maxime Minot (LR), "c'est horrible en fait, t'as l'impression d'avoir des petits coups de poignard"

La proposition de loi EELV, défendue par Sébastien Peytavie et Marie-Charlotte Garin, propose aux personnes atteintes de menstruations incapacitantes de bénéficier d’un arrêt de travail jusqu'à 13 jours ouvrés par an, sans carence, pris en charge par l’assurance maladie. Il donne aussi aux personnes salariées et agentes publiques la possibilité d'avoir recours au télétravail en cas de menstruations incapacitantes. Plusieurs textes similaires ont déjà été déposés par la gauche à l'Assemblée nationale ou au Sénat, le dernier en février dernier par le groupe socialiste au palais du Luxembourg, mais les parlementaires français n'ont jamais voté en faveur d'une telle mesure.


J.F.

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