Hervé Marseille, sénateur des Hauts-de-Seine et président de l'Union centriste au Sénat, était l'invité de TF1 ce mardi matin.
Il dénonce la grève des contrôleurs de la SNCF à l'origine d'une "exaspération" des voyageurs lors des "départs en vacances".
Le groupe a déposé une proposition de loi examinée dans l'après-midi au Sénat.

"Le dialogue social ne commence pas par une grève". Invité ce mardi 9 avril d'Adrien Gindre dans "En toute franchise", Hervé Marseille, sénateur des Hauts-de-Seine et président de l'Union centriste au Sénat, a défendu sa proposition de loi qui sera examinée dans la journée au Sénat pour limiter les grèves dans les transports sur certaines périodes. À trois mois des Jeux olympiques, le débat s'annonce houleux. 

"S'ils prenaient les transports en commun, ils verraient que depuis 1947 il n'y a jamais eu une année sans grève à la SNCF", lance le sénateur, à l'attention des cheminots mais aussi des membres du gouvernement et de la gauche, qui se montrent tous opposés à cette proposition. Ce débat avait été rouvert lors des vacances scolaires de février, notamment par la déclaration très commentée du Premier ministre Gabriel Attal, qui avait déploré une "forme d'habitude" à la grève pendant certaines périodes et affirmé que si "la grève est un droit", "travailler est un devoir". "Il faut bien qu'on s'occupe des Français qui voyagent parce qu'il y a une exaspération", poursuit Hervé Marseille, évoquant les "grèves de 2022 en décembre" et celles "au mois de février dernier""les Français sont restés sur les quais de gare".

"Un sujet qui concerne l'ensemble des Français"

Précisant que "personne ne remet en cause le droit de grève", il estime pour autant qu'"il y a un détournement du droit de grève". Et de détailler : "on fait grève avec une poignée d'individus qui sont sur des boucles Whatsapp, qui s'appellent coordination, comité, et qui sont très catégoriels. On dit contrôleurs, aiguilleurs (...) on est sur du catégoriel et on commence par une grève".

Or, "quand le dialogue social existe, on commence par discuter et éventuellement on termine par la grève si ça ne marche pas" poursuit-il, soulignant que "d'habitude, quand il y avait une grève à la SNCF c'était pour l'ensemble des gens qui travaillent à la SNCF, c'était pour des revendications légitimes, de salaire, de prime, de conditions de travail".

Plus en détail, le texte du patron de l'UDI, largement élargi la semaine passée en commission à l'initiative de la droite, octroie au gouvernement un quota de 30 jours par an durant lesquels les "personnels des services publics de transports" seraient privés de leur droit de grève, avec une limite de 7 jours d'affilée par période d'interdiction. Ces jours sanctuarisés ne concerneraient que certaines périodes : vacances scolaires, jours fériés, élections et référendums ainsi que des événements "d'importance majeure". Et l'interdiction de faire grève serait limitée aux seules heures de pointe et aux personnels indispensables au fonctionnement du service. En perspective des Jeux Olympiques, Hervé Marseille estime que son texte "limiterait et encadrerait le droit de grève un peu plus, comme ça a été fait dans le secteur aérien" finalement "écarté de la proposition de loi parce qu'il y a déjà des contraintes assez fortes".

Si le gouvernement a précisé qu'il s'opposerait à ce texte, ce qui risque de compliquer son inscription à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, le sénateur ne désespère pas. "On peut trouver des alliés à l'Assemblée nationale, dans tous les groupes, parce que c'est un sujet qui concerne l'ensemble des Français", conclut-il.


A. LG

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