L'affaire Penelope Fillon

Soupçons d'emplois fictifs : les époux Fillon fixés sur leur sort ce lundi

Maëlane Loaëc avec AFP
Publié le 9 mai 2022 à 8h17
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les époux François et Penelope Fillon seront fixés sur leur sort ce lundi, épilogue d'un lourd dossier judiciaire.
La cour d'appel de Paris doit se prononcer sur des accusations d'emplois fictifs qu'aurait assurés l'épouse de l'ancien Premier ministre.
François Fillon risque un an de prison ferme.

C'est un long chapitre judiciaire qui doit se clore ce lundi 9 mai : la cour d'appel de Paris se prononcera dans l'après-midi sur le sort de l'ancien Premier ministre François Fillon et de son épouse, dans l'affaire des soupçons d'emplois fictifs qui avait ébranlé la campagne présidentielle de 2017. Cinq ans de prison, dont un an ferme sous bracelet électronique, ont été requis contre l'ex-candidat de la droite.

Un temps favori, François Fillon avait finalement été éliminé au premier tour de l'élection et s'est retiré peu après de la vie politique. Il a ensuite assuré des mandats aux conseils d'administration du géant de la pétrochimie Sibur et de Zarubezhneft, spécialisés dans les hydrocarbures, qu'il a annoncé quitter fin février, après l'invasion russe en Ukraine. 

Dans cette affaire, Penelope Fillon est accusée d'avoir bénéficié de trois emplois fictifs, comme assistante parlementaire auprès de son mari et de son suppléant entre 1998 et 2013, rémunérés au total 612.000 euros net sans qu'elle ait jamais effectué de tâches. François Fillon, 68 ans, et son épouse, 66 ans, qui contestent depuis l'origine tout emploi fictif, ne seront pas présents au prononcé de la décision à 13h30, pas plus que l'ancien suppléant du premier au poste de député dans la Sarthe, Marc Joulaud, 54 ans, ont indiqué à l'AFP leurs avocats. 

En première instance, le 29 juin 2020, le locataire de Matignon de 2012 à 2017, sous le mandat de Nicolas Sarkozy, avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement, dont deux ans ferme, 375.000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité, pour détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux. Sa femme s'était vu infliger trois ans d'emprisonnement avec sursis, 375.000 euros d'amende et deux ans d'inéligibilité, et Marc Joulaud trois ans avec sursis, 20.000 euros d'amende avec sursis et cinq ans d'inéligibilité. Le couple avait immédiatement fait appel.

Un an de prison ferme et 375.000 euros d'amende requis contre François Fillon

Il est revenu à la barre en novembre, maintenant la même défense dans une atmosphère bien moins électrique qu'au premier procès. "Je n'ai pas été un député fictif préoccupé essentiellement par l'argent", s'était insurgé François Fillon dans une déclaration liminaire, déplorant "quarante ans d'engagement (politique) effacés par un article d'un journal satirique et une enquête à charge". "Mon épouse a travaillé à mes côtés, c'est incontestable", avait-il assuré, ajoutant qu'elle avait mené "sur le terrain" dans la Sarthe un travail certes "immatériel" mais bien "réel" à ses côtés, lorsqu'il était alors député du département.

Attaquant un dossier qui "se réduit" comme "peau de chagrin", son avocat, Me Antonin Lévy, avait quant à lui plaidé la relaxe, citant "41 attestations (établissant) de manière précise et circonstanciée l'apport de Madame Fillon". Les avocats de la prévenue avaient regretté une "folie médiatique" autour du "Penelopegate", affirmant que si elle avait certes été "placardisée" au sein de la Revue des deux mondes, elle y avait bien "travaillé" lors de son embauche comme "conseillère littéraire" en 2012-2013, une revue dont le propriétaire de la publication, Marc Ladreit de Lacharrière, était un proche de François Fillon. 

Mais pour l'accusation, un "faisceau d'indices" permet d'établir la "fictivité" des trois emplois de Penelope Fillon, ont soutenu les avocats généraux, ironisant sur des activités "impalpables" voire "évanescentes". Son embauche au sein de la Revue des deux mondes était un "emploi de pure complaisance" selon eux. Le propriétaire de la Revue a d'ailleurs été condamné dans une procédure de "plaider-coupable" en 2018 pour abus de biens sociaux, reconnaissant un contrat en partie fictif. 

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En appel, le parquet général a toutefois requis des peines inférieures à celles prononcées par le tribunal. À l'encontre de François Fillon, il a réclamé cinq ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, ainsi que 375.000 euros d'amende. Quant à son épouse franco-galloise, il a demandé deux ans de prison avec sursis ainsi que 100.000 euros d'amende et pour Marc Joulaud trois ans de prison avec sursis. Des peines d'inéligibilité respectivement de dix, deux et trois ans ont en outre été requises.

Les magistrats ont, en revanche, demandé une condamnation partielle pour les contrats de collaboration signés par deux enfants des Fillon auprès de leur père sénateur entre 2005 et 2007, et une relaxe pour la non-déclaration d'un prêt. L'Assemblée nationale a demandé, comme en première instance, le remboursement d'un peu plus d'un million d'euros.


Maëlane Loaëc avec AFP

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