Supprimer le poste de Premier ministre ? La proposition de NKM, un vieux refrain

Le service METRONEWS
Publié le 2 mai 2016 à 20h53
Supprimer le poste de Premier ministre ? La proposition de NKM, un vieux refrain

RECYCLAGE – Candidate à la primaire de la droite pour la présidentielle, Nathalie Kosciusko-Morizet a proposé lundi la suppression de la fonction de Premier ministre, qui n'a plus de sens selon la députée LR. Elle est loin d'être la première à avoir eu cette idée.

Nathalie Kosciusko-Morizet veut "régénérer les institutions". Et pour apporter ce vent nouveau à la politique française, la candidate LR à la primaire de la droite pour la présidentielle a avancé lundi deux idées : réduire le nombre de parlementaires et supprimer le poste de Premier ministre.

Dans un entretien au Parisien , la députée de l'Essonne propose de faire passer le nombre de sénateurs et de députés à 200 et 400 (contre 348 et 577 actuellement). Elle souhaite également faire disparaître la fonction actuellement occupée par Manuel Valls, expliquant que depuis l'instauration du quinquennat en 2000, "notre régime s'est présidentialisé". "Autant en prendre acte", poursuit-elle, en permettant au président de la République de "devenir le chef du gouvernement, avec une équipe resserrée de dix grands ministres".

"Comme aux Etats-Unis"

NKM est loin d'être la première à avancer cette piste qui a le mérite de marquer les esprits. De nombreux responsables politiques, et pas forcément de droite, ont eu la même idée par le passé. Fin 2014, le président socialiste de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, proposait dans un ouvrage "la suppression du poste de Premier ministre et l'instauration d'un régime présidentiel, comme aux Etats-Unis ". Comme NKM, il préconisait d'ailleurs de réduire également le nombre de parlementaires. "Alors tu veux me supprimer ?", lui avait lancé Manuel Valls, selon le récit de Claude Bartolone. "Non, je veux te faire entrer dans l'histoire comme le dernier Premier ministre de la Ve République", avait répondu ce dernier. 

Une cabale contre Manuel Valls ? Pas vraiment. Dans la foulée de Claude Bartolone, un député réputé proche de Manuel Valls, Luc Carvounas, proposait aussi dans un ouvrage, La politique autrement, de mettre fin à cette fonction. 

Fillon et "l'omniprésident"

A droite, c'est un ancien Premier ministre qui a défendu une telle réforme à son époque. A peine nommé à Matignon par Nicolas Sarkozy, qualifié alors par certains "d'omniprésident", François Fillon avait estimé en juillet 2007 que, " si l'on pousse la logique jusqu'au bout, c'est le vrai régime présidentiel . On a un président de la République qui dirige le gouvernement lui-même mais en face, on a une Assemblée beaucoup plus puissante…" Ce qui ne l'avait pas empêché d'assumer cette fonction sur toute la durée du quinquennat.

A la même époque, cette proposition a aussi été avancée par l'ancien ministre socialiste de la Culture, Jack Lang, appelé par Nicolas Sarkozy à plancher en 2007 au sein du comité Balladur sur la réforme des institutions . "L'existence d'un Premier ministre ne se justifie que dans les régimes purement parlementaires", avait-il argumenté. "Dans notre système, elle entretient la confusion". La proposition n'avait pas eu de suite.

Sarkozy veut être "secondé"

La suppression éventuelle de la fonction de Premier ministre nécessiterait une révision constitutionnelle, ce poste étant défini par l'article 8 de la Constitution, ce qui pourrait refroidir les ardeurs des élus après l'écueil de la déchéance de nationalité. L'hypothèse de la suppression du Premier ministre a d'ailleurs aussi ses détracteurs. Parmi eux, l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac,  Jean-Pierre Raffarin ou encore Nicolas Sarkozy lui-même, pour qui il est " important d'être secondé ". La proposition finira-t-elle (encore) au placard ?


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