Le ministre de l'Intérieur a accordé un long entretien au "Journal du dimanche".
Alors que la France est placée en "urgence attentat", Gérald Darmanin estime que la menace la plus forte vient de "l'intérieur" du pays, avec des éléments "autoradicalisés".
Une menace d'autant plus forte en cas de "moments médiatiques mimétiques", comme la guerre entre le Hamas et Israël.

Après le meurtre de Dominique Bernard, enseignant à Arras, par un jeune radicalisé fiché S, la France a basculé en "urgence attentat". Dans les colonnes du JDD, auquel il accorde un long entretien ce dimanche 22 octobre, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin estime que le "risque [terroriste] principal" vient de "l'intérieur", avec des "gens autoradicalisés qui passent à l'acte". 

"On ne peut jamais exclure le fait qu'avec ce qui se passe au Levant, ce qui se passe en Afghanistan, les cellules terroristes se reconstituent. Mais aujourd'hui, on n'a pas de menaces caractérisées", a-t-il déclaré, appelant toutefois à "rester très humble devant les crises terroristes que nous connaissons".

La menace interne reste "très forte", explique le ministre. "Il y a une acmé qui est possible lorsqu'il y a des moments médiatiques mimétiques. C'est évidemment le cas avec les attaques terroristes du Hamas contre Israël", estime Gérald Darmanin, qui décrit la nécessité d'"être conscient du fait que les Américains et les Français se sont retirés de théâtres d'opérations où il y avait des entraînements, des financements, des cellules", ce qui "rend le monde plus dangereux."

Tandis que l'examen du projet de loi immigration débutera au Sénat le 6 novembre prochain, le ministre de l'Intérieur, interrogé sur les limites imposées par la Constitution ou la jurisprudence européenne en matière d'immigration, affirme qu'"il n'y a aucune question taboue si c'est pour être efficace pour protéger les Français". Il relève cependant que la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) "ne [l]'empêche pas de faire [son] travail de ministre de l'Intérieur", arguant respecter "l'intégralité des règles de l'État de droit" et la Cour. 

Le texte le plus ferme avec les mesures les plus dures depuis ces trente dernières années.
Gérald Darmanin

Auprès du JDD, Gérad Darmanin défend le "texte le plus ferme avec les mesures les plus dures depuis ces trente dernières années". Alors que le chemin de crête pour l'adoption de son texte par le Parlement est étroit, notamment en raison de l'opposition ferme de la droite, le ministre a paru renvoyer un hypothétique échec à une "extrême gauche tentée de faire de l'obstruction systématique" à l'Assemblée. "Jusqu'à présent tous mes textes sont adoptés sans 49.3 [...] C'est à la Première ministre de décider si elle engage ou non la responsabilité de son gouvernement", a-t-il dit.

En outre, pour accélérer les expulsions des détenus étrangers radicalisés en situation irrégulière, M. Darmanin dit réfléchir avec son homologue de la Justice à une nouvelle modalité : "L'idée serait d'obtenir, un peu avant la fin de la peine, un laissez-passer consulaire, de libérer de manière anticipée la personne pour la mettre immédiatement en centre de rétention administratif puis de l'expulser."


F.R avec AFP

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