UMP : une adhérente dépose un recours contre la nouvelle direction

Le service METRONEWS
Publié le 2 juin 2014 à 12h33
UMP : une adhérente dépose un recours contre la nouvelle direction
L'essentiel

OPPOSITION - A peine nommés à la tête de l'UMP pour diriger le parti jusqu'à l'élection prévue en octobre, les trois anciens Premiers ministres François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin sont déjà contestés. Ce lundi, c'est une militante du parti qui compte envoyer une sommation interpellative à l'UMP avant d'éventuellement déposer un recours devant la justice pour faire tomber la nouvelle direction.

La crise n'en finit décidément plus à l'UMP. Une adhérente du parti, Nathalie Bordeau , compte envoyer une sommation avant d'éventuellement déposer un recours en référé devant le tribunal de grande instance de Paris pour contester la nouvelle direction du parti , révèle Sud Radio ce lundi . Lors d'une réunion du bureau politique mardi dernier, les trois ex-Premiers ministres François Fillon, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin ont été nommés à la tête de l'UMP, à compter du 15 juin et jusqu'à une nouvelle élection prévue en octobre. Sauf que cette décision n'est pas vraiment légale.

En effet, comme l'a souligné Le Lab , la nomination de cette nouvelle présidence aurait dû résulter d'un vote. Selon l'article 23-4 du règlement intérieur de l'UMP, le Bureau Politique aurait dû délibérer à la majorité des suffrages exprimés pour installer le triumvirat à la tête du parti. Sans cela, la présidence de l'UMP revient légalement à son vice-président, en l'occurrence Luc Chatel.

"Qui voudra voter pour un parti qui n'applique pas son propre règlement intérieur ?"

Interrogée par metronews, Nathalie Bordeau, 42 ans et qui assure "n'appartenir à aucun camp", explique ses motivations. "Je veux que l'UMP respecte ses statuts adoptés le 1er juillet 2013. Tout est prévu lorsqu'il y a une démission, qu'elle soit collective ou non, alors je ne vois pas pourquoi cette direction devrait contourner cela", dénonce-t-elle. Et de s'interroger : "Qui voudra voter pour un parti qui n'est pas capable d'appliquer son propre règlement intérieur ?" Ne craint-elle pas d'alimenter la crise que traverse le parti ? "Non, c'est justement pour éviter la disparition de l'UMP que j'envoie cette sommation. Si Luc Chatel n'y répond pas, j'irai alors déposer un recours en référé. Et il est évident que ce trio d'anciens Premiers ministres sert surtout à barrer la route de Nicolas Sarkozy", estime cette ancienne salariée du cabinet de... François Fillon.

Un argument juridique que les proches de Nicolas Sarkozy ne s'étaient pas privés de souligner. "J'observe que ceux qui réclamaient avec vigueur les nouveaux statuts les bafouent aujourd'hui", a grincé l'ancienne ministre Nadine Morano, dans Le Parisien dimanche avant d'ajouter : "C'est le vice-président Luc Chatel qui doit assurer l'intérim jusqu'au congrès. C'est la seule voie juridique possible". Un argument également brandi par l'ex-Garde des Sceaux Rachida Dati mercredi sur RTL et par Claude Guéant dimanche sur I>Télé.

Après les contestations juridiques, les trois anciens Premiers ministres ont toutefois fait savoir samedi que la solution "politique" d'une direction collégiale de l'UMP trouvée cette semaine devrait "être validée par un vote formel" avant le 15 juin . Lundi, Alain Juppé a été plus explicite en posant de nouvelles conditions sur son blog . "Je ne participerai au groupe des trois qu’à deux conditions : que la décision ne soit pas source de division mais soit prise de manière consensuelle ; que ce groupe ait les moyens d’organiser le fonctionnement de l’UMP sur des bases administratives et financières clarifiées".