VIDÉO - SNCF : faut-il limiter le droit de grève dans les transports ?

par J.F.
Publié le 15 février 2024 à 15h23, mis à jour le 17 février 2024 à 15h48

Source : JT 13h WE

La SNCF entame une grève qui devrait entraîner la suppression d'un TGV sur deux vendredi, samedi et dimanche.
Inacceptable pour la droite et le centre, qui plaide pour limiter davantage le droit de grève, par exemple en l'interdisant certains jours pendant les vacances.
Une proposition qui trouve un certain écho dans la majorité.

Les contrôleurs de la SNCF en grève, des milliers de voyageurs s'apprêtent à vivre un week-end pénible dans les gares. Une situation inadmissible dans une période de départs en vacances pour de nombreux responsables politiques de droite et du centre, qui voient là une occasion parfaite de s'attaquer au droit de grève sur certaines périodes. Un discours auquel n'est pas insensible une partie de la majorité.

Les premiers à mener l'offensive ont été les sénateurs centristes. Mercredi, ils ont déposé un texte prévoyant d'octroyer au gouvernement un capital annuel de 60 jours d'interdiction de grève pour les "personnels des services publics de transports". L'exécutif pourrait répartir ce capital par décret comme il le souhaite dans une limite de quinze jours par période d'interdiction, avec néanmoins la tenue d'une "négociation préalable". Une proposition de loi qui vise clairement les vacances scolaires, souvent ciblées par les syndicats pour lancer leurs préavis de grève.

Ce jeudi matin sur TF1, le patron des Républicains Eric Ciotti a lui aussi annoncé le dépôt de "textes législatifs pour encadrer" le droit de grève. "Face à ces blocages, face à ces indignités, il faut aller plus loin", a-t-il assuré. "Il faut prendre des dispositifs qui fassent que cet usage de la grève ne soit pas une prise d'otage", a abondé le président LR du Sénat Gérard Larcher sur BFMTV. "Je suis plutôt attaché au respect de ce principe constitutionnel, simplement il faut éviter qu'il soit dévoyé en prenant les usagers en otage et que ça se retourne contre un service public qui a besoin d'un équilibre financier."

Menace sur les Jeux olympiques ?

"C'est un équilibre entre deux libertés fondamentales, celle de faire grève et celle de circuler", a aussi expliqué le sénateur LR Stéphane Le Rudulier, auteur d'une proposition de loi interdisant les préavis autour des jours fériés et sur "les deux premiers et les deux derniers jours" des vacances scolaires. Il craint que les Jeux olympiques de l'été fassent à leur tour l'objet d'un "chantage des syndicats avec l'exécutif, ce qui serait catastrophique pour l'image de la France".

Force est de constater que ces propositions ont trouvé un certain écho dans la majorité. En déplacement dans la Marne jeudi, le Premier ministre Gabriel Attal a encouragé le Parlement à s'emparer de ce débat. "Je dis ce matin de façon très calme, très posée : le sujet, ce n'est pas le droit de grève, c'est le fait de savoir jusqu'où on n'en abuse pas", a indiqué ce même jour le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu sur Sud Radio, reconnaissant qu'on ne pourrait "pas faire l'économie de ces questions".

Le président des sénateurs macronistes François Patriat a reconnu qu'il réfléchirait à "toutes les évolutions" qui permettraient d'encadrer "ces grèves intempestives, redondantes et renouvelées", tandis que le député Karl Olive a prôné, sur X, "des lois d'exception sur le sujet"

Plusieurs propositions parlementaires ont déjà tenté, ces dernières années, de durcir la loi de 2007 sur le service minimum dans les transports, notamment après l'épisode du week-end de Noël 2022 qui avait laissé 200.000 voyageurs sur le carreau. Mais aucune n'a prospéré.


J.F.

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