POLEMIQUE - Le maire divers droite de Chanay, dans l'Ain, a proposé sa démission. En cause : un rassemblement du Front national en présence de cadres du parti, comme Nicolas Bay, dans sa commune. Ce qu'il ignorait.

Un "repas champêtre" qui passe mal. Henri Caldairou, maire divers droite de Chanay, un village de l'Ain d'un peu plus de 600 habitants, a décidé de rendre son tablier. En cause ? Une réunion politique du Front national qui s'est déroulé dans sa commune, à son insu. Selon une source contactée par l'AFP, le défaut d'information au maire a relevé d'un "problème interne" à la mairie, qui a loué fin août au FN la salle des fêtes. En outre, "c'était présenté comme un repas champêtre", soulignant la surprise des élus de l'arrivée inattendue de poids lourds du parti. Parmi eux : Nicolas Bay, le vice-président du parti d'extrême droite.

"On essaie de ne pas galvauder l'esprit de la République"

"Le maire a appris mercredi que le FN débarquait. Il a été furieux. (...) Ce n'est pas une publicité qui nous honore", a déclaré une source municipale, confirmant une information du Dauphiné Libéré. "Le fond n'a pas changé depuis 1940 (...) On est républicains, on essaie de ne pas galvauder l'esprit de la République (...)", a t-elle encore dit, ajoutant que le maire, Henri Caldairou, colonel retraité de l'Armée de l'Air, avait en conséquence "proposé sa démission" aux 636 habitants de cette petite commune rurale.

"Mercredi, la mairie de Chanay nous a contacté pour nous annoncer que la réservation de la salle était annulée. J'ai contacté M. le maire, qui m'a rappelé pour me confirmer qu'il souhaitait annuler cette réservation et qu'il en faisait une question de principes", a déclaré pour sa part le député européen frontiste Dominique Martin, joint par l'AFP. "Il m'a assuré (...) qu'elle était inadmissible, car elle avait été actée 'dans son dos'", a ajouté l'élu, dont le parti a poursuivi l'édile en référé auprès du tribunal administratif de Lyon pour s'assurer de la tenue de cette réunion. La mairie de Chanay a été condamnée à verser la somme de 125 euros à chacune des trois fédérations FN (Ain, Savoie, Haute-Savoie).

"Ils savent se défendre", a ajouté la source municipale, affirmant que le maire avait été l'objet de "propos dégradants" sur sa commune, notamment du responsable local frontiste, alors qu'il notifiait son refus.  Et de conclure : "Tout le monde soutient le maire".


La rédaction de TF1info

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