NUPES, l'union de la gauche pour les législatives

Union de la gauche : pourquoi ils cherchent tous à s'assurer un groupe à l'Assemblée nationale ?

Justine Faure
Publié le 2 mai 2022 à 16h38
Union de la gauche : pourquoi ils cherchent tous à s'assurer un groupe à l'Assemblée nationale ?

Source : AFP

Si les questions de programme ralentissent voire menacent les discussions entre les partis de gauche en vue des élections législatives, celle du partage des circonscriptions est également en pôle position des points de blocage.
Leur bonne négociation permettra à chaque parti d'envoyer le maximum de députés à l'Assemblée nationale et de constituer un groupe.
Pour quelles raisons est-ce important ?

L’union à gauche oui, mais pas au détriment de Jean-Luc Mélenchon et de ses candidats. C’est notamment la raison pour laquelle les formations en discussion avec La France insoumise insistent bien sur le fait que l’accord négocié en vue des élections législatives doit ressembler à une coalition, et non à une fédération entraînant effacement et invisibilisation sous la bannière LFI. 

Ce lundi au micro de franceinfo, Fabien Roussel (PCF) a confirmé que l’enjeu des écologistes, communistes, socialistes et insoumis étaient d’obtenir la majorité de députés à l’Assemblée nationale, mais par le biais d’une coalition où "chacun a un groupe fort" pour pouvoir défendre, si besoin, des positions différentes. "Nous souhaitons un accord de coalition avec toute la gauche, mais nous ne mettons pas de côté la question du nucléaire", a-t-il expliqué sur Twitter, alors qu’il s’agit de l’un des principaux points de désaccord entre Insoumis et communistes. "Au contraire. Nous souhaitons que justement chaque parti puisse avoir son groupe à l’Assemblée : nous pour défendre un mix nucléaire/renouvelables."

À l’Assemblée nationale, pour composer un groupe, il faut réunir au moins 15 députés, en général d’un même parti politique ou aux sensibilités similaires. Il est nécessaire pour peser dans les débats puisque les sièges en commission, les postes de responsabilité et les temps de parole sont répartis à la proportionnelle entre les groupes. Actuellement, ni les communistes ni les écologistes ne bénéficient d’un groupe à l’Assemblée, et celui des socialistes est composé de 28 parlementaires. Le but des deux premiers est donc de faire élire plus de 15 députés pour constituer un groupe, celui des derniers de ne pas réduire leur influence dans l’hémicycle et en dehors. Et cela passe par la négociation de circonscriptions. 

Bataille de chiffres et d'influence

Or, outre les questions de programme, si les discussions ont patiné ou patinent toujours entre les Insoumis et les écologistes, les communistes et les socialistes, c’est notamment à cause du partage des 577 circonscriptions entre les candidats de tous ces partis. Car l’entente entre les formations de gauche n’a d’intérêt que si elle leur permet de ne pas se faire concurrence dans chacune des circonscriptions, ce qui suppose d’en faire les attributions en amont. Mais personne ne veut prendre le risque de perdre des députés ou de passer à côté de la constitution d'un groupe nécessaire au maintien de son indépendance politique. 

Par exemple, les écologistes, pour l’instant les seuls à avoir conclut un accord La France insoumise, avaient commencé par demander 32 circonscriptions sur les 100 les plus "gagnables", notamment les centres des villes gagnées aux municipales de 2020, mais qui sont également celles où Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au premier tour de l’élection présidentielle. LFI ne l’entendait pas ainsi et avait fait une proposition deux fois moins intéressante. Finalement, EELV aura 100 circonscriptions environ, dont autour de 30 plus ou moins gagnables. 

Les discussions portent "sur un nombre trop limité de circonscriptions, 165" avait regretté Fabien Roussel la semaine dernière, alors qu'"il faut mettre en mettre 289 sur la table" pour conquérir une majorité. Et sur les 165 circonscriptions, "nous ne retrouvons que nos 11 députés sortants". Au PS, les ténors opposés à la signature d'un accord avec le parti de Jean-Luc Mélenchon regrettent que "l'urgence pour Olivier Faure est de se sauver lui-même. Il est prêt à brader toute l'histoire socialiste pour un accord sur 20 circonscriptions, c'est inacceptable", a déclaré dimanche Stéphane Le Foll, maire du Mans, dans une interview au Point

Mais l'attribution de circonscriptions est bien le nerf de la guerre dans ces élections. Elles permettent l'élection du maximum de députés si elles ont bien été négociées, et donc la constitution d'un groupe à l'Assemblée pour garantir son indépendance. Aussi, tout cela conditionne le versement de subventions publiques, calculées en fonction du nombre de voix obtenues lors du scrutin et du nombre de députés envoyés dans l'hémicycle.


Justine Faure

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