Comme à Paris, des "mairies solidaires" fermées le 31 janvier contre la réforme des retraites

par Y.R.
Publié le 27 janvier 2023 à 9h40, mis à jour le 30 janvier 2023 à 10h45

Source : JT 20h WE

Ils ne veulent pas non plus de la réforme des retraites.
Les maires viennent à leur tour grossir les rangs de contestataires.
Plusieurs élus fermeront leur mairie, mardi 31 janvier, en guise de soutien aux grévistes et pour manifester eux-mêmes.

Ils n'ont pas fait la sourde oreille. Plusieurs maires ont répondu favorablement à l'appel lancé par Fabien Roussel, qui demandait aux édiles de fermer les mairies le mardi 31 janvier, en soutien à la mobilisation contre la réforme des retraites. L'objectif visé par le secrétaire national du PCF avec cette "opération maires solidaires" : permettre aux agents de la fonction publique de se joindre à la grève générale et, par ricochet, aux édiles d'afficher leur opposition au projet de loi.

La situation est beaucoup trop grave
Anne Hidalgo, maire PS de Paris

Ce sera le cas un peu partout dans l'Hexagone, et notamment à Paris, où la maire socialiste Anne Hidalgo a annoncé, jeudi 26 janvier, qu'elle adhérait à l'initiative symbolique portée par le député communiste du Nord. "Je réponds à son appel" des "mairies solidaires", a-t-elle indiqué sur France 2. "Bien sûr, il y a des services publics qui doivent continuer, je pense à l'état civil, mais l'Hôtel de Ville de Paris sera mairie solidaire le 31 en solidarité avec le mouvement social, la situation est beaucoup trop grave", a affirmé la candidate du PS à la dernière présidentielle, estimant que la réforme était "injuste et injustifiée".

Concrètement, le 31 janvier, l'Hôtel de Ville restera portes closes au public toute la journée. Deux affiches "Mairie solidaire avec le mouvement social" seront installées sur la façade, a fait savoir à l'AFP la mairie de Paris. Une "large invitation" à se mettre en télétravail a été lancée aux agents non grévistes. Seule la "halte femmes" pour les femmes sans abri sera accessible. 

Cette mobilisation des élus grossit de jour en jour. À Saint-Pierre-d'Aurillac, en Gironde, le maire PCF Stéphane Denoyelle a aussi décidé de baisser le rideau, en guise de solidarité avec ses agents municipaux. "J'ai l'ensemble des services municipaux qui sont impactés, à la fois la restauration scolaire et l'accueil en mairie, mais aussi les services techniques", explique l'édile, dans le reportage de LCI en tête de cet article. "Je peux témoigner tous les jours de leur engagement et de la difficulté de leurs tâches. Je suis à leurs côtés pour défendre leur statut, leur métier et leur capacité à pouvoir partir à la retraite dignement."

Un "mardi noir" aussi dans les mairies

Même son de cloche, par exemple, à Villejuif (Seine-et-Marne), Montreuil (Seine-Saint-Denis) ou Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), où le maire communiste Denis Öztorun Ömür a acté symboliquement une journée "mairie morte". À Faches-Thumesnil, dans le Nord, le maire LFI Patrick Proisy a franchi une étape supplémentaire dans le soutien à ses agents municipaux grévistes. Afin que ces derniers "puissent se rendre l'après-midi à la manifestation à Lille lors de la grève du 31 janvier, j'ai décidé que les heures de grève ne seraient pas décomptées du salaire à partir de 14h", a-t-il assuré sur son compte Twitter.

Instigateur de cet appel "aux maires de France pour qu'eux aussi, ils s'engagent dans la bataille", Fabien Roussel s'est réjoui sur LCI de l'adhésion suscitée. Le leader du Parti communiste a salué la "détermination du peuple français pour faire reculer le gouvernement". "J'entends des maires d'Île-de-France, du Nord, du Pas-de-Calais, du Sud, en Gironde dire : nous rejoignons cet appel des maires solidaires parce que nous aussi on en a ras-le-bol avec des dotations qui baissent, avec des factures qui augmentent et maintenant ce qui tombe sur nos agents communaux", s'est-il félicité, laissant augurer un "mardi noir".


Y.R.

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