Eric Zemmour, de polémiste à candidat à la présidentielle

"C'est ignoble, c'est indécent", dénonce Manuel Valls après les propos d'Éric Zemmour au Bataclan

La rédaction de LCI
Publié le 14 novembre 2021 à 21h35, mis à jour le 14 novembre 2021 à 22h00
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Source : TF1 Info

L'essentiel

POLÉMIQUE - Invité ce dimanche soir sur LCI, l'ancien Premier ministre Manuel Valls a vivement réagi aux propos d'Éric Zemmour devant le Bataclan. "C'est ignoble, c'est indécent", a-t-il lancé, affirmant que "tout a été fait pour protéger les Français" de ces attentats.

Pour Eric Zemmour, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, toutes les occasions semblent bonnes pour faire exister ses thèmes de campagne. Lors de sa venue samedi devant le Bataclan, au soir des six ans des attentats du 13-Novembre 2015, il a tenu des propos qualifiés d'"ignobles" et d'"insultant" par l'ancien Premier ministre Manuel Valls. "Il y a des lieux que je crois sacrés. Éric Zemmour a le droit de se recueillir, comme tout Français, devant le Bataclan. Mais provoquer la polémique, c’est précisément oublier qu’il y a des victimes", explique l'invité de Darius Rochebin ce dimanche sur LCI.

"Il savait qu'il y aurait des terroristes et n'a pas protégé les Français et a pris une décision criminelle de laisser les frontières ouvertes", a reproché samedi Éric Zemmour à François Hollande devant la presse alors qu'il se trouvait devant la salle de concert, où 90 personnes ont été assassinées il y a six ans. Vendredi à Bordeaux, le polémiste avait soutenu que "le pouvoir était au courant du danger et il a préféré que des Français meurent plutôt que d'empêcher des migrants de venir en France".

Nous avons tout fait pour protéger les Français.

Manuel Valls, ancien Premier ministre

"Incontestablement, il y a eu des failles aux frontières de l'Europe", reconnaît Manuel Valls. L'ex-Premier ministre tient cependant à rappeler l'ampleur du flux, qui a notamment "désarmé" la Grèce en juillet 2015, lorsque Abdelhamid Abaaoud, accompagné d'Ayoub El Khazzani, le terroriste du Thalys, sont entrés sur le continent. "Et au mois d'août, quand le flux entre en Allemagne et quand Madame Merkel ouvre les frontières quelques semaines après, l'État islamique a décidé d'infiltrer massivement les réseaux de migrants", ajoute-t-il, précisant "ne pas chercher d'excuses".

"Pour le responsable politique et pour le patriote que je suis, agit et éviter des attentats, dont celui d'Argenteuil, et de l'autre côté voir qu'ils sont tout de même passé à plusieurs reprises à travers les mailles du filet, ça reste forcément une blessure. Mais ce que je sais, c'est que nous avons tout fait pour protéger les Français", assure-t-il en citant notamment les frappes commanditées par François Hollande à Raqqa et à Mossoul.

Face à Darius Rochebin, Manuel Valls s'est dit encore très marqué par ces attentats. "Pour moi, c’est toujours un peu difficile d’aborder la question par le simple débat politique ou la polémique, parce que derrière cela, il y a des vies brisées, des morts, des familles et des proches qui les pleurent encore, des blessés qui porteront leurs blessures physiques ou psychologiques toute leur vie", explique-t-il. "J’ai été marqué à tout jamais par mes rencontres avec ces victimes, ces jeunes qui profitaient de la vie au Bataclan ou sur une terrasse de café. C’est toujours à eux, irrémédiablement, que je pense."