Le 13H

Projet de loi immigration : Bientôt des titres de séjour pour les métiers en tension ?

Pierre-Antoine Valade | Reportage Matthieu Desmoulins, Antoine Cazabonne, Jean-Vincent Molinier
Publié le 2 novembre 2022 à 13h03
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Le futur projet de loi sur l'immigration sera examiné en début d'année prochaine au Parlement.
Parmi la principale mesure, figure la possibilité d'obtenir un titre de séjour pour un immigré s'il vient occuper un emploi dans un des secteurs sous tension.
Si à droite, le projet fait déjà débat, les professionnels des secteurs touchés attendent cette mesure.

Depuis plusieurs années maintenant, la France observe dans différents secteurs d’activités des difficultés à trouver des candidats pour certains postes : hôtellerie-restauration, services à la personne, BTP, métiers médicaux et paramédicaux, informatique... Les secteurs sont pluriels, mais les difficultés semblables.

C'est notamment le cas à Montpellier, où le restaurant "La Pratique" cherche, mais ne trouve pas. La gérante Caroline Poitevin a beau multiplié les annonces. Elle peine à recruter un commis de cuisine. Son offre a pourtant obtenu des réponses, mais essentiellement des travailleurs étrangers en situation irrégulière. Se pose alors la question de faciliter leur régularisation.  La gérante est pour : "Si la personne a toutes les compétences qu'on attend, forcément puisqu'on ne trouve pas de personnel", analyse-t-elle dans le reportage du 13h en tête de cet article. 

Il faut que le travail redevienne un facteur d'intégration et d'émancipation

Olivier Dussopt, ministre du Travail, pour Le Monde

Dans le cadre du futur projet de loi sur l'immigration qui doit être examiné en début d'année 2023 au parlement, Le gouvernement souhaite instaurer un titre de séjour pour les secteurs en tension. Rien que pour l’hôtellerie et la restauration, ce sont près de 300 000 postes qui sont à pourvoir. 80 000 pour le bâtiment et 50 000 pour les transports. 

C'est Olivier Dussopt, le ministre du Travail, dans un entretien accordé au journal Le Monde ce mercredi 2 novembre, qui a développé cette mesure qui vise à favoriser l'insertion professionnelle des travailleurs migrants : "Il y a des progrès à faire puisque au premier semestre, lorsque le taux de chômage était à 7,5%, celui des travailleurs immigrés était à 13%. Il faut que le travail redevienne un facteur d'intégration et d'émancipation", a-t-il déclaré. 

Mettre fin au délai de carence

Ainsi,  sous certaines conditions, le gouvernement souhaite mettre fin au délai de carence. Avec ce dispositif, les demandeurs d'asile n'auraient plus à attendre six mois avant d'occuper un emploi. "Les organisations professionnelles nous disent qu'elles ont besoin qu'on facilite le recrutement d'étrangers. Nous leur proposons des solutions avec ce projet de loi", a-t-il ajouté.

Antoine Soive, un boulanger qui a déjà recruté des immigrés sans papiers par le passé, attendait cette mesure : "Si on peut débloquer cette situation et permettre à des personnes d'avoir un emploi, d'acquérir ces compétences, nous, on trouve cela intéressant puisque, encore une fois, on a des besoins."  

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À droite, ce projet fait déjà débat. "Il s'agit d'une régularisation massive, j'y suis tout à fait défavorable, c'est une folie", a estimé sur BFMTV et RMC Aurélien Pradié, député Les Républicains, qui plaide pour "un titre de séjour probatoire" à travers lequel "il faut faire ses preuves pour pouvoir être intégré à notre pays".  Le député RN Jean-Philippe Tanguy s'est également opposé à cette mesure, en estimant qu'elle sera "détournée" par "des gens qui s'inscrivent pour des métiers en tension et après qui disparaîtront dans la nature", et a appelé sur Sud Radio à former les "chômeurs français".


Pierre-Antoine Valade | Reportage Matthieu Desmoulins, Antoine Cazabonne, Jean-Vincent Molinier

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