Le recours au cabinet McKinsey fait des remous

Cabinets de conseil : À quoi servent-ils ? Peut-on s'en passer ?

La rédaction de TF1info | Reportage B. Augey, M. Desmoulins, O. Stammbach.
Publié le 1 avril 2022 à 10h33
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Un rapport du Sénat a mis en lumière l’utilisation, par l’actuel gouvernement, des cabinets privés de conseil.
Dans quels cas sont-ils utilisés ? Est-ce justifié ?
Le 20H de TF1 répond à certaines des questions que pose cette affaire de plus en plus embarrassante pour l'exécutif.

La pratique, pour l'État, d'avoir recours à des cabinets privés, est courante. Mais est-elle trop systématique ? Y a-t-il un recours trop important aux cabinets de conseil ? C’est en tout cas ce qu’avance un rapport du Sénat qui a fait les comptes : en 2021, le gouvernement a dépensé 894 millions d’euros pour des prestations de conseil. Un chiffre en augmentation, mais lié aux besoins de la crise sanitaire, selon le gouvernement. Le rapport, lui, conclut que la somme, comme la fréquence de cet usage, sont excessifs.

"Il y a une influence des cabinets privés sur la prise de décision politique. Il y a un réflexe : sitôt qu'il y a un problème, le gouvernement appuie sur le bouton 'cabinets de conseil'", estime, pour le 20H de TF1, dans la vidéo en tête de cet article, la sénatrice PCF Éliane Assassi, rapporteure d’une commission d'enquête sénatoriale sur les cabinets de conseil.

Des recours justifiables, d'autres "plus discutables"

Concrètement, à quoi servent-ils ? Il existe des milliers de cabinets de conseil, comme les Américains McKinsey et BCG, le Français Eurogroup et bien d’autres, chargés d’apporter une expertise aux entreprises, aux collectivités locales ou à l’État. Ainsi, le gouvernement a fait appel à ces cabinets pour organiser la campagne de vaccination, pour appliquer le nouveau mode de calcul des APL, ou pour organiser des consultations citoyennes.

"Pour l'État, ces cabinets de conseil travaillent principalement sur l'informatique, à hauteur de 60% des missions qui leur sont confiées. Parce que ce sont des problèmes complexes : fusionner des réseaux informatiques dont l'État n'a pas l'habitude, par exemple. Pour le reste, c'est très hétérogène et il y a des choses qui sont plus discutables, comme l'organisation du 'grand débat' d'Emmanuel Macron", explique François Lenglet, spécialiste économie de TF1.

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Peut-on se passer de ces prestations ? Selon les auteurs du rapport, l’administration pourrait accomplir elle-même certaines tâches qu'elle délègue. Mais le gouvernement, lui, répond que ce n’est pas toujours possible. "La question est de savoir si l'État saurait tout faire au pied levé et en même temps. La réponse est non", a justifié la ministre de la Transformation et de la Fonction publique, Amélie de Montchalin, mercredi 30 mars. Avant de poursuivre : "Oui, dans l'intérêt même de l'action publique, l'État peut avoir besoin de recourir ponctuellement à des soutiens extérieurs dans des cas bien identifiés"

Le gouvernement rappelle aussi que la France a beaucoup moins recours à ces cabinets que l’Allemagne ou le Royaume-Uni, mais reconnaît malgré tout qu’il faut mieux encadrer la pratique.


La rédaction de TF1info | Reportage B. Augey, M. Desmoulins, O. Stammbach.

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