Des "prix planchers" pour "protéger le revenu" des agriculteurs : comment ça pourrait fonctionner ?

par Rania HOBALLAH | Reportage TF1 : Laszlo Gelabert, Eleonore Payro, Alexandra Vieira
Publié le 24 février 2024 à 21h24, mis à jour le 24 février 2024 à 21h38

Source : TF1 Info

Face à la grogne des agriculteurs, Emmanuel Macron a annoncé sa volonté de créer des prix planchers.
Ce dernier améliorerait les revenus des agriculteurs en fixant un prix de vente par rapport au coût de production.
Cette mesure peut-elle véritablement changer les choses ou cache-t-elle des effets pervers ?

C'est la principale mesure annoncée par Emmanuel Maron ce samedi pendant la mouvementée ouverture du Salon de l'agriculture. Pour tenter d'éteindre le climat de défiance et répondre à la question des revenus des agriculteurs, le président de la République a proposé de créer des prix planchers, filière par filière. Il s’agirait de fixer un prix de vente par rapport au coût de production. Celui-ci serait défini par chaque filière, comme celle du lait, des volailles ou de la viande bovine, par exemple. Les produits ne pourront donc pas être vendus en dessous de ce seuil.

Une solution miracle ? Pas vraiment selon Luc Smessaert. "Le prix minimum, on n’en veut pas sinon ça bloquerait le prix vers le bas et finalement ça nous ramènerait vers un SMIC agricole", estime le vice-président de la FNSEA, comme on peut le voir dans la vidéo en tête de l'article. 

En Espagne, la mesure n’a pas calmé la colère des agriculteurs

Trop bas, ces prix planchers porteraient préjudice aux exploitants. Tandis que s'ils sont trop hauts, l’agriculture française pourrait souffrir de la concurrence européenne, estime Nicole Ouvrard, ingénieure agronome et directrice déléguée de l'Agence d'information politique et économique de l'agriculture (Agra).

Par ailleurs, le gouvernement aimerait que cette loi s’applique au niveau européen, ce qui semble difficile vu les différences de coûts entre les pays. Enfin, un prix plancher pourrait également avoir pour conséquence une hausse des prix dans les rayons. Mais selon Michel Biero, directeur de Lidl France, cela ne ferait pas fuir les consommateurs. "Je pense que si demain, tous les distributeurs vendaient, un litre de lait à un euro, on n’en vendrait pas un litre de moins", lance-t-il à notre micro. 

En Espagne, ce dispositif de prix planchers existe déjà, mais il n’a pas calmé la colère des agriculteurs qui continuent de protester contre les politiques agricoles de l’union européenne.


Rania HOBALLAH | Reportage TF1 : Laszlo Gelabert, Eleonore Payro, Alexandra Vieira

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