ALLOCUTION - Le président de la République doit s'adresser aux Français ce mardi à 20h, alors que l'épidémie de Covid-19 repart à la hausse en France. LCI fait le point sur les points qu'il pourrait avoir à trancher.

Le froid a fait son retour, accompagné des prémices d'une nouvelle vague de Covid-19. Vendredi, près de 9000 nouveaux cas ont été rapportés par Santé Publique France, en augmentation de 39% par rapport au même jour la semaine précédente. Face à cette nouvelle flambée, Emmanuel Macron doit prendre la parole mardi soir à 20h. Une intervention à suivre sur TF1 et LCI.

De sources gouvernementales, cette allocution sera calquée sur le modèle de celle du 12 juillet, quand le président de la République avait décidé l'extension du pass sanitaire, dont le Parlement a autorisé vendredi le possible recours jusqu'au 31 juillet 2022. Que peut-il annoncer cette fois ? Si la gestion de la crise sanitaire devrait être le principal sujet abordé, le chef de l'État pourrait également évoquer la situation économique, et notamment les dernières mesures prises pour le pouvoir d'achat, mais aussi les récentes tensions diplomatiques - avec le Royaume-Uni, l'Australie ou les États-Unis - alors que la France assumera, à compter de janvier, la présidence de l'Union européenne. 

Le pass sanitaire conditionné à la 3e dose ?

Sur le plan du Covid, le pass sanitaire sera une nouvelle fois au centre du discours d'Emmanuel Macron. Et pour cause, alors que le gouvernement cherche le moyen le plus efficace pour imposer la troisième dose, le dispositif apparaît comme le plus efficace pour y arriver. En déplacement vendredi à Montpellier, le Premier ministre Jean Castex a dit à l'AFP que l'exécutif réfléchissait à conditionner le pass sanitaire au rappel vaccinal "sans doute plus que la piste de la vaccination obligatoire pour les plus de 65 ans". Il a promis une "réponse bientôt".

En juillet dernier, le discours du chef de l'État, qui annonçait la mise en place du pass, avait porté ses fruits. Quatre millions de Français avaient pris rendez-vous en ligne dans la foulée pour se faire vacciner. Mais si, notamment grâce à cette mesure, la France est en avance sur nombre de ses voisins, avec près de 75% de sa population ayant reçu un schéma vaccinal complet, la cadence de l'été est retombée et le gouvernement comme les soignants sont inquiets. "À l'hôpital, 96% des patients ne sont pas vaccinés, mais on commence à voir des personnes âgées ou immunodéprimées doublement vaccinées", explique l'infectiologue Robert Sebbag sur LCI.

La vaccination des enfants écartée ?

Alors que les États-Unis ont entamé mardi 2 novembre leur campagne de vaccination contre le Covid-19 sur les 5-11 ans, la vaccination des petits Français ne devrait en revanche pas être à l'ordre du jour pour Emmanuel Macron. Les pédiatres et épidémiologistes français estiment qu’elle n'est pour l’instant pas utile. Aux États-Unis "beaucoup plus d’enfants sont hospitalisés pour des formes graves, liées au fait que beaucoup d’enfants sont en situation d’obésité là-bas. C’est donc légitime, dans ce contexte, qu’ils commencent la vaccination des jeunes enfants", expliquait le 4 novembre sur franceinfo le professeur Alain Fischer, président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccin. Selon l'Assurance maladie, en France, "12% des enfants de grande section de maternelle étaient en surcharge pondérale et 3,5 % étaient obèses en 2013".

De plus, les conclusions de l'Agence européenne du médicament, qui se penche actuellement sur le sujet de la vaccination des enfants, ne sont pas attendues avant le mois de décembre. Or la stratégie vaccinale française est conditionnée à son approbation, puis à celle de la Haute Autorité de Santé.

La poursuite des réformes au menu ?

Au-delà des sujets relatifs au Covid-19, la relance économique et la poursuite des réformes devraient aussi faire partie intégrante de ce discours, qui pourrait être le dernier avant qu'Emmanuel Macron ne lance officiellement sa campagne présidentielle. La réforme des retraites sera-t-elle de nouveau mise sur la table ? Lors de son discours du 12 juillet, Emmanuel Macron avait indiqué que cette réforme, suspendue au début de l’épidémie, serait relancée dès que "les conditions sanitaires seraient réunies".

Fin octobre, la Cour des comptes avait réitéré son appel à une réforme "nécessaire", étant donné la persistance de déficit attendue pendant au moins une dizaine d'années. Et alors que le Sénat s'est lancé lundi dans l'examen critique du budget 2022 de la Sécu, la majorité sénatoriale de droite, elle, appelle le gouvernement à assumer ses responsabilités et à cesser de repousser une réforme "difficile, mais indispensable". Elle remet sur la table un report progressif de l'âge d'ouverture des droits à la retraite à 64 ans à compter de la génération 1966. Ce recul de l'âge serait couplé à l'accélération de la mise en œuvre de la réforme Touraine de 2014 sur le nombre de trimestres travaillés, avec "une convergence" des régimes spéciaux vers ces paramètres avant 2032.

Emmanuel Macron devrait également évoquer la situation économique du pays. Car malgré bons chiffres du chômage, des tensions persistent, notamment concernant le pouvoir d'achat et l'augmentation du prix des matières premières. Le président pourrait donc apporter de nouvelles précisions sur les aides déjà annoncées, telles que l'aide supplémentaire de 100 euros qui sera versée en décembre aux 5,8 millions de bénéficiaires du chèque énergie. Si les syndicats ont globalement salué ce coup de pouce, ils mettent en garde contre une hausse durable des prix et continuent de demander de nouvelles négociations sur les salaires.

Les tensions diplomatiques, un sujet plus que d'actualité

Les tensions diplomatiques entre la France, les États-Unis et le Royaume-Uni devraient également être à l'ordre du jour, alors que la France s'apprête assumer, à partir du 1er janvier 2022, la présidence semestrielle du Conseil de l’Union européenne. L'annulation brutale du contrat de sous-marins avec l'Australie a été un coup dur pour Emmanuel Macron, qui pourrait envisager de reconsidérer ses partenariats stratégiques avec la sphère anglophone.

Le bras de fer avec l'Angleterre concernant les migrants pourrait aussi être évoqué. Début octobre, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin réclamait la négociation d'un traité sur la question migratoire entre l'UE et le Royaume-Uni, à qui il a fermement réclamé l'argent promis pour lutter contre le trafic sur les côtes françaises. Le Royaume-Uni s'est en effet engagé fin juillet à payer à la France 62,7 millions d'euros en 2021-2022 pour financer le renforcement des forces de l'ordre françaises sur les côtes.


Charlotte ANGLADE

Sur le
même thème

Tout
TF1 Info