La France ne se résout toujours pas à adopter des mesures restrictives dans ses aéroports pour les voyageurs en provenance de Chine, a contrario de l'Espagne et de l'Italie.
Le gouvernement prône la coordination européenne et ne veut pas agir seul.

La France rejoindra-t-elle ses voisins ? Après l'Italie mercredi, c'est au tour de l'Espagne d'annoncer ce vendredi l'adoption de mesures pour les voyageurs en provenance de Chine. Ils devront prouver qu'ils ne sont pas positifs au Covid-19 ou présenter un schéma complet de vaccination à leur arrivée dans les aéroports du pays. À l'heure actuelle, la France temporise toujours et n'est pas prête à les imiter.

Si Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d'étudier "des mesures adaptées de protection des Français", il souhaite que cela soit fait "à la fois au niveau national et européen". Avant lui, le ministère de la Santé avait dit également être "prêt à étudier toutes les mesures utiles qui pourraient être mises en œuvre", mais "en lien avec les partenaires européens de la France". Jeudi en fin de journée, le cabinet de la secrétaire d'État chargée de l'Europe indiquait qu'il y avait peu de chances que la France prenne seule des mesures nationales ; la volonté du gouvernement est de ne pas faire cavalier seul et d'attendre une coordination au niveau européen.  

En premier lieu parce que seule une réponse coordonnée au sein de l'Union européenne pourrait être efficace ? C'est l'avis de nombreux experts. Jeudi sur Radio Classique, la présidente du Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars) Brigitte Autran soulignait que "le dépistage aux frontières n'a jamais empêché un virus de pénétrer" dans un territoire et une telle mesure n'aurait de sens qu'à l'échelle européenne. 

Toujours pas de décision au niveau de l'Union européenne

Dans un communiqué publié jeudi, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) avait affirmé que l'introduction d'un dépistage obligatoire du Covid-19 au sein de l'Union européenne pour les voyageurs arrivant de Chine serait "injustifiée". Les pays de l'UE "ont des niveaux d'immunisation et de vaccination relativement élevés" et "les variants circulant en Chine circulent déjà dans l'UE", avait expliqué le Centre, estimant qu'une telle mesure n'était pas nécessaire au niveau de l'UE dans son ensemble.

À Bruxelles, une réunion informelle convoquée par la Commission européenne visant à "une approche coordonnée" des États membres s'est tenue jeudi mais n'a pas donné lieu à une prise de décisions dans un sens ou un autre. Une décision pourrait être annoncée cette fin de semaine ou le début de semaine prochaine. D'ici-là, d'autres pays membres auront peut-être des mesures, et mis la pression sur l'UE pour faire de même.


Justine FAURE

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