La présidence Macron

L'exécutif assume d'"emmerder" les non-vaccinés

C.A.
Publié le 5 janvier 2022 à 16h40
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

PROVOCATION - Dans une interview au Parisien publiée mardi soir, Emmanuel Macron a embrasé la classe politique en affirmant vouloir "emmerder" les non-vaccinés "jusqu'au bout". Ce mercredi, le gouvernement a fait le choix d'assumer cette sortie.

"Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu'au bout." Dans une interview accordée au Parisien et publiée mardi soir, le langage cru que s'est permis d'utiliser Emmanuel Macron a mis le feu aux poudres. Les débats concernant le pass vaccinal, qui avaient été suspendus une première fois dans la nuit de lundi à mardi après un vote à main levée salué par les oppositions, avaient finalement repris mardi soir. 

Mais cette sortie du président a finalement à nouveau provoqué la suspension de la séance après une demande, vaine, des oppositions de voir le Premier ministre Jean Castex venir dans l'hémicycle survolté.

Les propos du président de la République me semblent très en deçà de la colère d'une très grande majorité de Français.

Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement

Face à cet embrasement de la classe politique, le gouvernement a cependant choisi de ne pas faire marche arrière et d'assumer pleinement, quitte à en remettre une couche. Lors d'une conférence de presse à la mi-journée, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, ne s'est ainsi pas démonté face aux journalistes le questionnant sur la sortie d'Emmanuel Macron. "On va se parler franchement. Qui emmerde la vie de qui aujourd'hui ? Ce sont ceux qui s'opposent au vaccin", répond-il. "Les propos du président de la République me semblent très en deçà de la colère d'une très grande majorité de Français face à ce choix de s'opposer au vaccin", ajoute-t-il même.

En milieu d'après-midi, Jean Castex a enfoncé le clou à son tour. "Qui outrage la nation ? Qui fracture la nation ? Qui conduit les soignants dans nos urgences à faire des choix éthiques dramatiques ? Eh bien c'est une infime minorité", a lancé le Premier ministre lors des questions au gouvernement.

Ce qu'a dit le président de la République, je l'entends partout !

Jean Castex, Premier ministre

"Quand je vais sur le terrain, dans les services de soins critiques, ce qu'a dit le président de la République, je l'entends partout !", assure-t-il. "Il y a une forme d'exaspération de nos concitoyens à se voir imposer un certain nombre de contraintes alors que d'autres font le choix de s'en affranchir avec toutes les conséquences que cela a", a ajouté le Premier ministre au Sénat.

Par ailleurs, quand de nombreux députés fustigent les propos jugés "insultants" ou "méprisants" d'Emmanuel Macron, Jean Castex tient à rappeler qu'il n'est pas le premier politique à avoir employé le terme "emmerder", faisant référence à un des prédécesseurs d'Emmanuel Macron. 

"Mais arrêtez donc d'emmerder les Français ! Il y a trop de lois, trop de textes, trop de règlements dans ce pays ! On en crève ! Laissez-les vivre un peu et vous verrez que tout ira mieux ! Foutez-leur la paix ! Il faut libérer ce pays !", avait ainsi lancé le Premier ministre Georges Pompidou en 1966 au jeune chargé de mission, Jacques Chirac, lui apportant de nombreux décrets à signer.

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Si le terme est bien similaire, le sens de la phrase et le contexte sont cependant loin de l'être, ce qui n'a pas échappé aux parlementaires. Plusieurs d'entre eux, dont la présidente du groupe socialiste à l'Assemblée, Valérie Rabault, souhaitent que le président vienne en personne s'expliquer dans l'Hémicycle et présente ses excuses. L'incendie au sein de l'Assemblée n'étant toujours pas sous contrôle, la séance à une nouvelle fois été suspendue à 15h45. Jean Castex a annoncé qu'il se rendrait dans l'après-midi au Sénat. Alors que l'exécutif souhaite toujours déployer le pass vaccinal au 15 janvier, il reste encore 448 amendements à examiner sur le projet de loi.


C.A.

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