Élection présidentielle 2022

Jean-Michel Blanquer à Ibiza : Anne Hidalgo tacle "sa désinvolture et sa légèreté"

Y.R
Publié le 18 janvier 2022 à 10h28
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Source : L'Invité Politique

INTERVIEW - Invitée d'Elizabeth Martichoux sur LCI, mardi 18 janvier, Anne Hidalgo, candidate PS à la présidentielle, revient sur les vacances de Jean-Michel Blanquer à Ibiza, lors de l'annonce du nouveau protocole sanitaire à l'école. La maire de Paris juge que cette polémique "affaiblit encore plus" le ministre de l'Éducation nationale.

"Voilà la légèreté avec laquelle il traite sa fonction, les enseignants et les parents d'élèves." Au moment de finaliser le nouveau protocole sanitaire pour les écoles, le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer était en vacances. Comme révélé par Mediapart et confirmé à LCI, il se trouvait à Ibiza, lorsqu'il a accordé une interview au Parisien pour en dévoiler le contenu, le 2 janvier, veille de la rentrée des classes. Une information que l'AFP a consolidée auprès du ministère, qui a ajouté qu'il était "dans un cadre privé pour quatre jours de vacances". "Qu'il ait été à distance ou pas ne change rien", a assuré son entourage.

Cette révélation a provoqué un tollé dans la classe politique. Depuis lundi soir, les appels à la démission se multiplient, à droite comme à gauche. "Ce niveau de mépris et d'irresponsabilité n'est pas acceptable", a tweeté le candidat EELV à la présidentielle Yannick Jadot, appelant "à nouveau à la démission" du ministre. Une mise en retrait aussi demandée au PS. "Le retard dans la communication du protocole était officiellement liée à la nécessité de coller à la réalité de la rentrée. Quand l'improvisation naît d'un mensonge, la confiance n'est plus possible", a affirmé le Premier secrétaire Olivier Faure. 

Se refusant, pour sa part, à réclamer la tête du locataire de la rue de Grenelle, Anne Hidalgo n'a pas manqué de l'égratigner sur son bilan. "Il faut le juger sur ses actes de ministre. Dans ses actes de ministre, il a montré toutes ses défaillances, beaucoup de mépris, de manque de respect, à la fois pour les enseignants, les parents d'élèves (...). Il a le droit de prendre des vacances, mais c'est très désinvolte", a jugé la candidate PS à la présidentielle, invitée d'Elizabeth Martichoux sur LCI, mardi 18 janvier. "En plus de ce protocole qu'il a écrit, rédigé, adressé un dimanche soir, la veille de la rentrée, sans que personne ne soit prévenu ou associé en amont, apprendre qu'il l'a fait depuis Ibiza, voilà la légèreté avec laquelle il traite sa fonction."

L'école n'a jamais été aussi affaiblie

Anne Hidalgo, candidate PS à la présidentielle et maire socialiste de Paris

Pour le maire socialiste de Paris, "ça aura des conséquences politiques, au sens que ça affaiblit encore plus" Jean-Michel Blanquer. "Il est affaibli par son action qui est désastreuse pour l'école, il est affaibli par ce mépris qu'il a en permanence vis-à-vis des enseignants qu'il ne considère pas. Il est affaibli par ce protocole, qu'il a fait dans cette légèreté, dans ce rapport très distant, très méprisant vis-à-vis des gens qui essaient de trouver tous les jours des solutions. (...) Franchement, la situation la plus grave, c'est celle dans laquelle il laisse l'école. C'est ça qui aura des conséquences", a ajouté Anne Hidalgo. 

"Après cinq ans, l'école n'a jamais été aussi affaiblie", a-t-elle insisté, estimant que Jean-Michel Blanquer, "l'un des hommes forts du gouvernement, très soutenu par" Emmanuel Macron, a contribué à "abîmer l'école". "Ce ministre-là n'a pas su prendre les bonnes décisions. J'espère que les Français en tireront les conséquences au moment de l'élection présidentielle."


Y.R

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