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Crise à l'hôpital : faut-il réintégrer les soignants suspendus pour refus du vaccin anti-Covid ?

M.D. | Plateau Benjamin Dard
Publié le 6 juin 2022 à 11h12
JT Perso

Source : JT 20h WE

En manque de bras, au moins 120 services d'urgence ont été forcés de limiter leur activité ou s'y préparent.
La réponse à la pénurie de personnel est-elle la réintégration des soignants qui avaient refusé de se faire vacciner, comme l’affirment certains ?

L’été s’annonce sous haute tension dans les hôpitaux français. En raison du manque de personnels soignants, les services d’urgences hospitalières se rapprochent du seuil critique. Fermetures de nuit, "délestages" sur d'autres hôpitaux, accès filtrés par les Samu : au total, quasiment 20% des quelque 620 établissements, publics et privés, hébergeant un ou plusieurs services d'urgences sont touchés. Faute de bras, au moins 120 services d'urgence ont été forcés de limiter leur activité ou s'y préparent, selon une liste établie par l'association Samu-Urgences de France (SUdF).

Certains acteurs de la santé, dont l'urgentiste Pr Patrick Pelloux, ont pris position en faveur de la réintégration des soignants qui avaient refusé de se faire vacciner pour répondre à la pénurie de personnel. Pour le moment en tout cas, le président Emmanuel Macron s’y refuse, estimant que ce "n’est absolument pas une réponse" à la crise des urgences. "Je pense qu’il faut savoir raison garder. C’est un problème totalement différent. J’attendrai que le Conseil scientifique dise qu’on est entré dans une phase endémique qui permet sans difficulté ce retour", déclarait-il, fin mai, au cours d’un déplacement à l’hôpital de Cherbourg.

Le 1er juin, dans un tweet, Marine Le Pen estimait, au contraire, que rappeler les 15.000 soignants suspendus réglerait, en grande partie, la crise de l’hôpital. Tout d’abord, d’où vient ce chiffre de 15.000 soignants suspendus dont parle l’ancienne candidate à la présidentielle ? Il faut remonter au 13 octobre 2021, un mois après l’entrée en vigueur de l’obligation vaccinale. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, avait donné cette estimation. Un chiffre qui est cependant aujourd’hui daté. Car depuis, certains d’entre eux, environ les deux tiers, se sont fait vacciner. Autrement dit, leur nombre se situe plutôt autour de 5000. 

Par ailleurs, le chiffre de 15.000 soignants, évoqué par Marine Le Pen dans son tweet, comprend aussi le personnel administratif. Or, si l’on s’en tient seulement aux médecins, infirmiers et aides-soignants, l’estimation, selon les chiffres de la Fédération hospitalière de France (FHF), tourne plutôt autour de 1500 à 2000 personnes, soit dix fois moins. D'après la FHF, il manque aujourd’hui environ 11.000 infirmiers, 5000 aides-soignants et 4000 médecins-urgentistes. Soit, au total, pas moins de 20.000 soignants. 


M.D. | Plateau Benjamin Dard

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