Après la crise provoquée par l'adoption de la réforme des retraites, le projet de loi immigration ne fera pas son arrivée au Sénat la semaine prochaine, comme prévu.
Emmanuel Macron a annoncé sur TF1 et France 2 ce mercredi que le texte serait "découpé" en "textes plus courts" qui seront examinés "dans les prochaines semaines".
Contesté de toutes parts et sur tous les bords de l'échiquier politique, il aurait eu du mal à recueillir une majorité au Parlement.

Le timing est mauvais pour le gouvernement. Une semaine après l'adoption de la réforme des retraites par 49.3, le projet de loi immigration devait faire son entrée au Sénat mardi 28 mars. Mais face à la protestation et aux manifestations qui continuent de se tenir partout en France, il sera finalement "découpé" en "textes plus courts" qui seront examinés "dans les prochaines semaines" par le Parlement, a confirmé Emmanuel Macron sur TF1 et France 2 ce mercredi. Cela évitera aussi au gouvernement de subir un nouveau revers parlementaire.

Le texte qui a entamé son parcours en commission au Sénat la semaine dernière, est contesté par les associations de défense des exilés, conspué par la gauche et jugé très insuffisant par la droite et l'extrême droite. Il prévoit à la fois des mesures pour faciliter les expulsions des étrangers délinquants et un volet intégration, notamment par un titre de séjour controversé dans les "métiers en tension".

Le découpage du texte en plusieurs confirme la nouvelle méthode que souhaite mettre en place Emmanuel Macron pour la suite de son quinquennat. Ce mercredi, il a indiqué qu'il avait missionné Elisabeth Borne pour "bâtir un programme législatif et de gouvernement pour avoir moins de textes de loi, plus courts, plus clairs".

L'opposition approuve

L'hypothèse d'un report ne déplaît pas aux oppositions, toutes opposées au texte tel qu'il a été présenté. "Ce projet est totalement mal ficelé. Je crois qu'il ne répond pas aux besoins du pays. On ne peut pas faire semblant en matière de contrôle de l'immigration. Ce texte, je pense qu'il faisait semblant, c'est un texte de communication", a taclé le patron des députés LR, Olivier Marleix, sur France Inter, ce mercredi. "Ce texte, c'était le 'en même temps' macronien : une immense ambiguïté et de la communication", a poursuivi Marleix. "Il y a beaucoup de travail, je pense pour qu'il (le projet de loi) devienne présentable", a-t-il complété. 

Son homologue du groupe PS à l'Assemblée, Boris Vallaud, a, lui aussi, critiqué sur Public Sénat "un texte 'en même temps'". "C'était un texte censé à la fois plaire à la droite, plaire à la gauche, finalement ça ne plaisait à personne parce que, en ce qui me concerne, je conserve un certain nombre de principes qui sont indivisibles et que ce n'est pas en coupant le salami en tranches qu'on le rend plus digeste. Donc si la copie est mauvaise, qu'ils la reprennent", a déclaré le député des Landes.

Face à ce rejet, le gouvernement évitera aussi un nouveau revers au Parlement, après avoir échoué à trouver une majorité sur la réforme des retraites.


J.F. avec AFP

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