Le député insoumis Sébastien Delogu a brandi un drapeau palestinien au sein de l'hémicycle de l'Assemblée nationale lors des Questions au gouvernement, ce mardi 28 mai.
Il a été sanctionné d'une exclusion temporaire de 15 jours.
Dans les couloirs, de vifs échanges ont également eu lieu entre parlementaires, notamment David Guiraud (LFI) et Meyer Habib (LR).

"La France doit annoncer la suspension des échanges économiques avec Israël et demander l'intervention immédiate des casques bleus", réclamait la députée LFI Alma Dufour au gouvernement, ce mardi 28 mai lors des Questions au gouvernement. En réponse, le ministre chargé du Commerce extérieur Franck Riester rappelait la position de la France : appel à un cessez-le-feu et à l'ouverture d'un accès humanitaire à Gaza. "Mais vous ne pouvez pas faire abstraction des attaques terroristes du 7 octobre dernier, des otages qui sont encore détenus par le Hamas et qui sont morts du fait de l'action du Hamas", "vous ne pouvez pas faire abstraction des tirs quasi quotidiens indiscriminés sur les territoires israéliens", ajoutait-il.

C'est là que le député Sébastien Delogu, depuis son siège à l'extrême gauche de l'hémicycle, s'est levé pour brandir un drapeau de la Palestine, sous les applaudissements de ses camarades. La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet a donc pris la parole pour l'avertir qu'il était rappelé à l'ordre "avec inscription au procès verbal" et qu'elle suspendait la séance. Cinq minutes plus tard, elle annonçait la convocation en urgence du bureau de l'Assemblée pour décider d'une sanction à l'encontre de l'élu des Bouches-du-Rhône. 

Le vice-président de l'Assemblée Sébastien Chenu (RN) a indiqué que le bureau avait voté l'exclusion temporaire pour 15 jours avec une suspension d'indemnités, sanction adoptée quelques minutes plus tard par les parlementaires dans l'hémicycle. Le député est rappelé à l'ordre pour "manifestations troublant l’ordre ou qui provoque une scène tumultueuse" et "outrages ou (...) provocations envers l’Assemblée ou son Président". Il écope de la sanction la plus haute, mentionnée à l'alinéa 3 de l'article 73 du règlement de l'Assemblée nationale, qui précise : "La censure avec exclusion temporaire emporte de droit la privation, pendant deux mois, de la moitié de l’indemnité parlementaire allouée au député. Elle entraîne l’interdiction de prendre part aux travaux de l’Assemblée et de reparaître dans le Palais de l’Assemblée jusqu’à l’expiration du quinzième jour de séance qui suit celui où la peine a été prononcée".

Je me fous complètement de la sentence que va me donner la présidente de l'Assemblée."
Sébastien Delogu

"En brandissant un drapeau palestinien, est-ce qu'enfin le président de la République va se réveiller et se dire qu'il faut cesser de vendre des armes ? Est-ce qu'il faudrait qu'aujourd'hui, il demande à la reconnaissance de l'État de la Palestine ?", a réagi Sébastien Delogu auprès des journalistes dans la salle des quatre colonnes. "Je me fous complètement de la sentence que va me donner la présidente de l'Assemblée, le bureau de l'Assemblée", a ajouté avant d'être fixé sur sa sanction celui qui estime que l'"État français est complice de ce qu'il se passe en Palestine".

Incidents et tensions ont également eu lieu en dehors de l'hémicycle. Alors qu'ils répondaient aux journalistes, les Insoumis Alma Dufour et David Guiraud ont été pris à partie par le député LR pro-israélien Meyer Habib. "Pourquoi vous leur donnez la parole ?", a demandé ce dernier aux médias, ce à quoi David Guiraud a répondu : "Barre toi d'ici toi, va-t'en, t'es dans la boue du génocide". "Ce monsieur est un porc, il défend un génocide depuis le début", a-t-il ajouté après une bousculade. "Pourriture", a aussi lancé Meyer Habib alors qu'il était poussé à l'écart par les huissiers. 

"La présidente a eu raison. On ne pouvait pas rester en séance publique avec une telle provocation. C'est la dernière étape d'une stratégie de brutalisation du débat publique. M. Delogu préfère la stratégie du coup politique plutôt que la stratégie de paix au Proche-Orient. Il ne fait progresser en rien la paix au Proche-Orient", a réagi le député Mathieu Lefèvre (Renaissance), président du groupe d'amitié France-Israël. Sur X, le président de LR Eric Ciotti s'est dit "indigné" de l'attitude de Sébastien Delogu. "Les Insoumis n'ont qu'un but : flatter une hypothétique clientèle électorale à quelques jours des européennes. Quand condamneront-ils les barbares du Hamas ??", a-t-il commenté.


Justine FAURE

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