Élection présidentielle 2022

Présidentielle : Emmanuel Macron fait un geste à gauche en proposant de déconjugaliser l'AAH

Vincent Michelon
Publié le 15 avril 2022 à 10h47
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Emmanuel Macron a repris à son compte, vendredi, la proposition consistant à déconjugaliser l'AAH.
Un geste d'ouverture, alors que son gouvernement avait retoqué cette mesure au Parlement.
Le candidat multiplie les signaux aux électeurs à neuf jours du second tour.

Emmanuel Macron revoit sa copie à neuf jours du second tour. Le président sortant, qui a déjà accepté de discuter sur sa proposition polémique de retraite à 65 ans, a annoncé vendredi matin qu'il allait "bouger sur l'allocation aux adultes handicapés" (AAH).

"On doit bouger sur ce point", a-t-il reconnu sur franceinfo. "Ce qui est vrai aujourd'hui c'est que quelle que soit la prestation, le système fiscal et social est ainsi fait en France, ce qui est assez juste, c'est qu'on regarde votre situation familiale, on regarde la capacité à contribuer du couple [...] Cela crée une situation aberrante pour les personnes en situation de handicap." Le candidat envisage ainsi, soit de déconjugaliser l'AAH, comme l'ont proposé plusieurs candidats avant le 1er tour, soit d'instaurer "un revenu qui permette d'accompagner, mais qui ne soit pas conditionné". 

Dans le système actuel, qui est "conjugalisé", le revenu du ou de la partenaire rentre en compte dans le calcul de l'AAH, qui est versée sur critères médicaux et sociaux et est destinée à compenser une incapacité à travailler et dont le montant maximal est de 919,86 euros mensuels depuis le 1er avril. 

Proposition rejetée par le gouvernement

Cette évolution est d'autant plus notable que la déconjugalisation, réclamée par les associations de défense des personnes en situation de handicap au nom de l'autonomie financière, avait été écartée par l'exécutif durant le quinquennat. Une proposition de loi présentée en avril 2020 avait été adoptée par les deux chambres, avec un consensus transpartisan soutenu par une partie de la majorité présidentielle, mais le gouvernement avait exclu in fine du texte la notion de déconjugalisation. 

Le secrétaire d'État au handicap, Sophie Cluzel, expliquait au Monde que la mesure était impossible à retenir, car l'AAH "est un minimum social, donc forcément fondé sur la solidarité nationale et la solidarité entre époux", ce qui constitue "le fondement de notre politique sociale en France et de notre politique fiscale". En septembre 2020, une pétition citoyenne hébergée par le Sénat avait recueilli plus de 100.000 signatures en faveur de cette mesure. 

Lire aussi

Durant la campagne du premier tour de l'élection présidentielle, plusieurs candidats ont défendu cette réforme, comme Fabien Roussel, Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot ou Anne Hidalgo. L'autre finaliste du second tour, Marine Le Pen, s'est également engagée à individualiser cette allocation. 

En "bougeant" sur le sujet, Emmanuel Macron adresse un signe supplémentaire aux électeurs de gauche, et au-delà. À noter que le président sortant a revalorisé l'AAH de 100 euros par mois au cours de son quinquennat, comme il s'y était engagé. 


Vincent Michelon

Tout
TF1 Info