Le PS va soumettre, jeudi 5 mai, à son parlement interne l'union nouée avec LFI pour les législatives.
"Un marchandage idiot" pour le député MoDem, Jean-Louis Bourlanges, invité de LCI.
Selon lui, cet accord contrevient à l'héritage social-démocrate pour "quelques circonscriptions".

"Cet accord est absolument minable." L'union entre les Insoumis et les socialistes, sous la bannière de Jean-Luc Mélenchon, semble en bonne voie en vue des législatives. Elle doit être scellée, jeudi 5 mai, en conseil national par le parti à la rose, au moment où il menace d'imploser. Plusieurs figures historiques - dont l'ancien président, François Hollande - rejettent en effet l'alliance, qui vise à sauver quelques circonscriptions après la claque électorale (1,7% des suffrages exprimés) à la présidentielle. 

"Cet accord, c'est absolument au-delà de tout. Ça se résume très simplement : je troque toutes mes convictions contre quelques circonscriptions. C'est un marchandage idiot", réaffirme Jean-Louis Bourlanges, député MoDem, qui occupe aussi la fonction de président de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, invité d'Elizabeth Martichoux sur LCI, jeudi 5 mai. "D'ailleurs, je pense que Jean-Luc Mélenchon a eu tort. Il n'est pas homme à maîtriser sa victoire. Il a vraiment voulu humilier les socialistes. Il y est parvenu, mais je pense que cette opération n'aura pas de prolongement politique dans l'opinion."

C'est sans doute la mort du PS
Jean-Louis Bourlanges, député MoDem

"Les choix fondamentaux des socialistes ont été mis en cause à travers cet accord. Les choix qui sont faits depuis la guerre", poursuit l'ancien député européen (1989-2007), évoquant l'héritage social-démocrate, "constamment fidèle à l'alliance Atlantique, à la construction européenne et à l'économie de marché, à condition qu'elle soit corrigée par de profondes mesures de redistribution". "Tout ça, d'un trait de plume, pour quelques circonscriptions et quelques plats de lentilles vraiment dérisoires, est mis en cause", appuie-t-il. "Je comprends vraiment l'indignation de Cazeneuve, Cambadélis et de quelques autres."

"C'est sans doute la mort du PS", estime Jean-Louis Bourlanges, pointant du doigt, en autres, "la responsabilité énorme d'Olivier Faure", Premier secrétaire du Parti socialiste, dans "la liquidation" de cet héritage. "Je rappelle que, pendant 50 ans, les socialistes ont fait l'effort d'aller dans l'autre sens (...) en choisissant le camp de la modernisation, de l'Europe, de la sécurité collective avec nos alliés, du refus des dictatures", déplore le député centriste. "C'est ça qui est bradé et pour rien."


Y.R.

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