Élections législatives : le camp présidentiel perd sa majorité absolue, poussée historique du RN

La présidence de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, l'autre enjeu des législatives

Idèr Nabili
Publié le 15 juin 2022 à 17h24
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Ce dimanche, les Français vont élire les 577 députés de la prochaine Assemblée nationale.
Outre la question de la majorité, l'enjeu sera également de savoir qui deviendra le principal groupe d'opposition.
L'un de ses membres pourrait prendre la tête de la commission des Finances, aux pouvoirs non négligeables.

Le suspense va prendre fin. Ce dimanche, dès 20h, les noms des 577 nouveaux députés à l'Assemblée nationale seront connus. Emmanuel Macron saura enfin s'il peut compter sur une majorité absolue, ou relative, et Jean-Luc Mélenchon sera fixé sur son ambition de prendre ses quartiers à Matignon. Mais un autre enjeu, moins connu, va rapidement devenir capital : la présidence de la commission des Finances.

Au sein du palais Bourbon, huit commissions permanentes existent : les Affaires culturelles, les Affaires économiques, les Affaires étrangères, les Affaires sociales, la Défense nationale, le Développement durable, les Lois, et les Finances. Si les sept premières sont présidées par un membre du groupe majoritaire, la dernière est, depuis 2008, réservée à l'opposition. Durant la mandature qui s'achève, c'est Éric Woerth, député LR (depuis rallié à Emmanuel Macron), qui la dirigeait.

Tous sauf un membre de LFI, espère un ministre

Si le scénario d'une majorité pour le gouvernement se confirme, comme l'indique notre dernier sondage Ifop, le groupe d'opposition principal pourrait bien être la France insoumise (la Nupes devrait être divisée en quatre groupes : LFI, EELV, PS, PCF). Qui pourrait briguer la présidence de cette commission, comme elle l'espérait déjà en 2017. Mais l'exécutif, qui lutte pour que les troupes de Jean-Luc Mélenchon ne soient pas majoritaires à l'Assemblée, goûte peu à cette hypothèse.

Car les pouvoirs du titulaire du poste sont loin d'être ridicules : contrôle et évaluation de la politique budgétaire du gouvernement, examen de la loi de finances, audition des ministres, avis sur certaines nominations du chef de l'État... Suffisamment de possibilités pour que la majorité s'oppose à la nomination d'un Insoumis à cette place, en prenant part au vote plutôt qu'en s'abstenant, comme le veut la tradition.

Elle pourrait pour cela s'appuyer sur les textes. En effet, rien n'oblige l'Assemblée à nommer à la présidence de la commission des Finances un membre du principal groupe d'opposition : il suffit qu'il provienne d'un groupe opposé à la majorité. Dès lors, il pourrait aussi s'agir d'un socialiste, d'un écologiste ou d'un communiste. "Une socialiste ferait l'affaire", espère un ministre auprès du service politique de TF1-LCI. "Je pense qu'on peut laisser la Nupes se débrouiller, les opposants en interne à Mélenchon ne laisseront pas LFI la récupérer."

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Dans l'hypothèse où la France insoumise devient le groupe le plus important derrière celui de la majorité, les députés LFI pourraient cependant s'y opposer et entraîner une polémique dès les premiers jours de la future mandature. "Il vaut mieux deux jours de brouhaha à l'Assemblée et des mauvais articles de presse plutôt que cinq ans de présidence LFI à la commission des Finances", rétorque un proche du chef de l'État dans les colonnes du Parisien. Les premiers jours de la nouvelle législature s'annoncent mouvementés.


Idèr Nabili

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